Chipperfield accusé de complaisance avec l’architecture nazie

Rédigé par Camille SCOFFIER
Publié le 24/01/2017

Une polémique secoue le milieu architectural depuis la révélation du projet de David Chipperfield pour la Haus der Kunst (maison de l'art) à Munich. Le parvis réaménagé, débarrassé de ses arbres, dévoile l'imposante façade néo-classique aux 22 colonnes, symbole représentatif de l'architecture nazie. Un projet considéré par certains comme « un pas en arrière » dans les actions menées pour que l'Histoire ne soit pas oubliée.

Initialement appelé « Maison de l'art Allemand », par opposition à l'art désigné comme « dégénéré » par les nazis, le musée a ouvert ses portes en 1937. Il est conçu par Paul Ludwig Troost (1878-1934), architecte préféré d’Hitler, dans le but de promouvoir la vision Nationale Socialiste de l'art. Après la guerre, le bâtiment est toujours utilisé, mais ses abords sont remodelés de manière à lui faire perdre de sa superbe : les escaliers sont supprimés au profit d'une rampe, l'entrée est déportée sur le côté et une importante rangée d'arbres est plantée pour masquer la façade.


En 2012, le gouvernement Bavarois a approuvé la rénovation de la Haus der Kunst. Un concours est organisé, à l'issue duquel est retenue la candidature de David Chipperfield. Mais son projet dérange et pour cause, puisqu'il entend réhabiliter le parvis, considérant qu'un tel bâtiment ne devrait pas «se cacher derrière les buissons ».


Charlotte Knobloch, représentante de la Israelitische Kultusgemeinde (association culturelle israélite) s'indigne de ce « retour en arrière stylistique » qu'elle considère comme un « dangereux signal de reconnaissance voire de glorification des anciens bâtiments nazis ». Le journal allemand Tagesspiegel n'est pas en reste, affirmant que « tout ce qu'il manque est la Swastika ». L'architecte se défend de ces accusations à travers une lettre publiée dans The Architects' Journal. Il y rappelle que le bâtiment n'a cessé d'être en activité depuis 1946, jusqu'à devenir un monument culturel d'importance internationale. De plus, compte tenu de l'investissement d'ores et déjà mis en place pour la réhabilitation du bâtiment (78 millions d'euros), il lui semblait normal de reconsidérer les espaces extérieurs qui lui sont attenants, afin de rouvrir le bâtiment sur la ville.


Ses détracteurs restent néanmoins persuadés que d'autres alternatives, « tournées vers le futur » et non le passé, sont envisageables.

Les articles récents dans Actus brèves

Sous les jupes de Paris Publié le 23/05/2017

Trois ans après le lancement de son premier appel à projets urbains [...]

L’école Saint-Merri en questions Publié le 17/05/2017

Avec le soutien de DoCoMoMo, cet [...]

Guervilly et Mauffret pour le Centre Omnisports de Saclay Publié le 16/05/2017

L’Université Paris-Saclay et [...]

Cinq nouveaux lauréats pour le Global Award for Sustainable Architecture Publié le 15/05/2017

Tous les ans depuis 2006, le Global [...]

Les Pays-Bas et la Belgique à l'honneur au EU Mies Award Publié le 12/05/2017

Tous les deux ans depuis 1988, la Commission Européenne et la Fondation Mies Van [...]

Bruel-Delmar et JAM pour le quartier du Moulon à Saclay Publié le 11/05/2017

L’EPA Paris-Saclay vient d’annoncer les lauréats de la consultation de [...]

.

Réagissez à l’article en remplissant le champ ci-dessous :

Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
.

> L'Agenda

Mai 2017
 LunMarMerJeuVenSamDim
1801 02 03 04 05 06 07
1908 09 10 11 12 13 14
2015 16 17 18 19 20 21
2122 23 24 25 26 27 28
2229 30 31     

> Questions pro

Les architectes

Comment

Et si on parlait de

À quelques jours

Le droit d’auteur

Après notre enquête