La maire de Paris condamnée en appel pour diffamation envers un architecte

Rédigé par Emmanuel CAILLE
Publié le 14/03/2017

Par jugement de la cour d’appel de Paris, Anne Hidalgo a été condamnée une seconde fois jeudi dernier pour avoir diffamé Jean-François Cabestan*, architecte du patrimoine, historien de l’architecture et enseignant à Paris 1.

Au sortir de la polémique de l’été 2014 liée à la reconduction très retardée de la Commission du Vieux Paris, la Maire de Paris avait reproché à Jean-François Cabestan l’utilisation de documents municipaux « à des fins personnelles ». À l’amende de 500 euros avec sursis et à l’euro symbolique de dommages et intérêts prononcés par le tribunal de grande instance le 15 mai 2016, la cour d’appel saisie par Anne Hidalgo confirmant le jugement du TGI a ajouté à son encontre une mesure de publication judiciaire. C’est ce qu’il en coûte à l’édile pour s’en être pris à l’un des plus actifs défenseurs du patrimoine dans les colonnes du Parisien à l’automne 2014.

 

C’était l’époque où Anne Hidalgo, élue au printemps, se décidait enfin à nommer et renouveler la composition de la Commission du Vieux Paris, comité consultatif créé en 1897 pour éclairer la Mairie sur les réflexions et choix patrimoniaux à effectuer au fur et à mesure que la capitale se transforme. Elle en a alors délibérément écarté Cabestan, accusant l’habitué des débats patrimoniaux et organisateur de nombreuses journées d’étude d’une utilisation des documents municipaux « à des fins personnelles, pour un colloque ». Dans son arrêt, la cour estime que Madame Hidalgo « a manqué de prudence, sinon même fait preuve d’une intention de nuire en évoquant spontanément le cas de M. Cabestan, sans que ce dernier n’ait eu l’occasion de protester éventuellement sur les motifs d’une « éviction » dont il n’était pas encore officiellement informé ».

 

À l’encontre de maints spécialistes du patrimoine, Cabestan se montre depuis des années tout sauf hostile aux interventions contemporaines même musclées sur l’existant, prenant le cas échéant fait et cause pour des projets controversés. C’est le franc-parler de celui que certains de ses homologues ont qualifié de porte-parole de la commission et son opposition à certains des grands projets de la mandature qui lui ont attiré cette disgrâce. Cette mise à l’écart des instances municipales ne l’a nullement empêché de poursuivre ses actions. La dernière en date, en faveur de la préservation du Musée des Arts et Traditions Populaires, trouve un écho inattendu dans l’accord récemment survenu entre la Municipalité, l’État et la fondation Louis Vuitton quant à la réaffectation de l’équipement en déshérence. Coïncidence fortuite ?

 

*Jean-François Cabestan écrit régulièrement dans les magazines d’a et amc.

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