N’attrapons plus froid : en finir avec l’une des plus anciennes croyances

Rédigé par Tarik ABD EL GABER
Publié le 03/07/2024

Le froid comme arme de guerre : lors de la guerre des Duchés pour le contrôle des territoires frontaliers entre l’actuelle Allemagne et le Danemark. Dessinateur-lithographe Pierre Louis Hippolyte Destouches, imprimeur-lithographe Martinet

Dossier réalisé par Tarik ABD EL GABER
Dossier publié dans le d'A n°318 Entretien avec Maël Lemoine, philosophe des sciences médicales à l’université de Bordeaux


Dans les discours sur « l’écologie punitive », la menace de « faire attraper la mort » à nos enfants parce qu’ils « auraient pris froid » est l’une des croyances les plus fausses, les mieux partagées et contre laquelle les arguments scientifiques avérés ne semblent avoir que très peu de prise. Nous avons interrogé Maël Lemoine, professeur de philosophie des sciences médicales et auteur d’une Petite philosophie du rhume1, pour comprendre d’où venait cette conviction populaire dont les effets peuvent même se révéler délétères pour la santé. Puisqu’il nous faut apprendre à ne plus surchauffer, autant le faire en sachant que c’est bon pour la santé !

D’a : La question de la température de l’espace dans lequel les activités humaines se déploient est l’un des enjeux cruciaux de la lutte contre les changements climatiques. La peur d’attraper froid apparaît dans ce cadre comme un obstacle majeur à la sobriété énergétique. Or, en vous appuyant sur des recherches scientifiques qui semblent faire consensus, vous montrez que la croyance millénaire selon laquelle c’est le froid qui provoque la maladie est complètement infondée. De quand date cette remise en question de l’influence du froid sur les maladies ?

La remise en question s’est passée en plusieurs étapes. La première est l’apparition de la théorie infectieuse des maladies, selon laquelle celles-ci sont dues à des micro-organismes qui nous colonisent et qui passent d’un individu à un autre. Ces micro-organismes évoluent selon un processus de sélection naturelle, comme l’ont démontré notamment les travaux de Pasteur ou de Koch, qui s’appuie sur la théorie de l’évolution de Darwin, formulée peu avant en Angleterre. La perspective est ainsi entièrement renversée. Nous devenons des environnements pour des agents extérieurs microscopiques qui vont se développer en populations et nous coloniser, passant d’un hôte à l’autre avec une durée de vie propre dans l’organisme qu’ils infectent. Face à ces populations, les défenses de cet organisme vont, dans la plupart des cas, venir à bout de ces

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