Bagard & Luron : l'expression d'une élégante frugalité

Rédigé par Matthieu Fuchs et Dominique Gauzin-Müller -
Publié le 23/03/2021

Portrait de Nadège Bagard et Marc-Olivier Luron

Article paru dans d'A n°288

Depuis quinze ans, l’agence nancéenne Bagard & Luron conçoit avec pragmatisme des bâtiments aussi élégants que fonctionnels. Grâce à une lecture rigoureuse du contexte et des besoins, ses architectes s’attachent à donner à l’habitant et à l’usager les moyens de s’approprier avec plaisir l’espace qui les entoure. La force qui en résulte donne à chaque ligne et à chaque matériau sa juste place, avec le sentiment d’une parfaite maîtrise.

L’agence est née en 2008, quand Nadège Bagard et Marc-Olivier Luron ont décidé de mettre en commun leurs expériences passées, leurs sensibilités et leur engagement social. De leurs études à l’École d’architecture de Nancy, ils retiennent la filiation tessinoise, un enseignement fondé sur des approches critiques, sans dogmatisme, et la découverte de plusieurs figures marquantes, tels Jože Plečnik et Alvar Aalto. Profitant de l’opportunité de découvrir de nouvelles cultures européennes, ils passent chacun une année en Erasmus : au Brighton College pour Nadège, à l’école d’architecture de Barcelone (ETSAB) pour Marc-Olivier. Après leur diplôme, ils partent tous deux dans la région de Reims et acquièrent de l’expérience chez Jean-Philippe Thomas pour lui, chez Philippe Gibert pour elle.

Attachés aux territoires lorrains, ils reviennent à Nancy pour fonder leur agence dans le faubourg des Trois Maisons, un quartier populaire plein de vie. Nadège a été présidente de la Maison de l’architecture de Lorraine de 2012 à 2016. Marc-Olivier co-anime depuis 2019 le groupe local du Mouvement de la frugalité heureuse et créative. À travers cet engagement dans le tissu associatif local et les relations amicales créées sur les bancs de l’école, l’agence s’inscrit dans la droite ligne du « Nouveau régionalisme critique » qui naît un peu partout sur le territoire français, notamment en Lorraine et dans le Massif central.

 

Une multitude de réponses pour des architectures de la vie

Depuis leur diplôme, Nadège Bagard et Marc-Olivier Luron se répètent souvent : « C’est nous qui nous faisons dans l’architecture, et non elle autour de nous. » Cela explique leur attachement à l’organisation des espaces dans un lieu. Une des particularités de l’agence est d’avoir proposé une réponse pour chaque étape de vie, de l’accueil de la petite enfance à l’habitat des seniors, en passant par des écoles primaires, des collèges et des logements sociaux. À travers le contrat moral auquel ils s’astreignent, ils souhaitent que leurs bâtiments améliorent la vie des gens. Certains accompagnent jusqu’à l’étape ultime, comme l’humble et discret crématorium de Nancy (voir d’a n° 275, octobre 2019). Loin d’un symbolisme à l’atmosphère pesante, où le tragique du moment écrase les proches des défunts, l’architecture soutient sans s’imposer. Cette attention bienveillante se traduit également par la prise en compte des dimensions du corps dans tous les éléments d’architecture, à l’image d’Alvar Aalto, qui a dessiné le sanatorium de Paimio pour une personne alitée. Les allèges des résidences seniors de Batilly sont ainsi abaissées au niveau de l’assise d’un fauteuil, les hauteurs sous plafond sont augmentées pour donner un sentiment d’espace et les menuiseries des écoles deviennent des « baies pour lire et apprendre ».

 

Une écologie intégrée

Alors que de plus en plus d’agences mettent en avant leurs engagements écoresponsables comme une fin en soi, Bagard & Luron ne les abordent jamais comme un thème autonome. « Nous sommes imprégnés de l’attention portée à la présence du projet dans l’environnement, tout en tirant parti du potentiel offert par chaque lieu », précise Nadège Bagard. Ces pratiques vertueuses résultent d’une conception qui interroge avec simplicité les notions de territoire et de circuits courts. La question de l’énergie et de son économie ne passe pas par une surenchère technologique, mais au contraire par des moyens naturels.

Marc-Olivier et Nadège notent parfois sur ces sujets un certain décalage, voire un paradoxe. Lors de la conception de la maison YP en 2011, ils avaient par exemple le sentiment d’être en parfait accord avec les valeurs écologiques : réhabilitation d’une friche industrielle, flexibilité du plan et réemploi des matériaux. Mais malgré ses performances en confort d’été et d’hiver, apportées par le grand toit et l’espace tampon, ce projet s’accommode mal des labels énergétiques et de leurs grilles d’évaluation fondées sur les calculs réglementaires.

Ne prenant pas ombrage de ce décalage avec les porte-étendards de la HQE, l’agence Bagard & Luron revendique de manière sereine l’intelligence d’une « écologie intégrée » que l’on retrouve dans la matérialité de leurs projets. Si le recours récurrent au bois est rarement mis en scène de façon spectaculaire ou ostentatoire (en bardage, par exemple), ce matériau est toujours présent en structure et en charpente. La maxime de la juste quantité du bon matériau au bon endroit trouve chez eux tout son sens, et s’ouvre à la mixité des matières tout en poussant à l’innovation.

 

Transformer le déjà-là

Nadège et Marc-Olivier portent un regard particulièrement pertinent sur la question de la réhabilitation, à la fois dans leur pratique et du point de vue théorique. Ils font partie de cette génération d’architectes qui a vu la commande publique glisser petit à petit du « sacro-saint » programme neuf à la transformation de l’existant. Au début de leur carrière, l’intervention sur le patrimoine courant était souvent jugée par les agences comme une mission mineure. « Cette attitude a engendré dans les années 1990 des réponses inadaptées aux enjeux écologiques et sociaux, et il est urgent aujourd’hui d’adopter une autre approche », soulignent les architectes. Eux n’ont pas hésité à s’approprier ce type de marché dès la création de l’agence. Loin de chercher systématiquement des projets concernant le patrimoine remarquable, ils ont suivi leur envie de travailler à ces nouvelles complexités. Comme pour l’écologie intégrée, cette curiosité s’est transformée en véritable expertise de la métamorphose du déjà-là. Cela n’interdit pas l’expérimentation en alliant rénovation et performance thermique, comme le démontrent la réhabilitation d’un ancien relais postal en maison des associations à Roussy-le-Village (57) et la restructuration du centre des Roises à Commercy (55), lauréat de l’appel à projets Climaxion de la Région Grand Est.

 

Revitalisation des centres-bourgs

Après sa formation d’architecte, Marc-Olivier a obtenu un diplôme de l’université de Nancy 2 sur le thème « aménagement et urbanisme en milieu rural ». Il cherche avant tout à recréer des liens pour favoriser la revitalisation des centres-bourgs. Cela se traduit de plusieurs manières : conception de logements pour les seniors en cœur de village, comme à Lagney ou Batilly (54), requalification du parvis de l’église à Longuyon (54) ou du marché couvert de Bar-le-Duc (55). Nadège parle très justement d’opérations d’acupuncture urbaines car, tout en étant modestes, elles apportent aux habitants un bénéfice immédiat. Le traitement des abords et leur relation juste avec le bâti s’appliquent également à leurs bâtiments neufs, sans que la maîtrise d’ouvrage l’ait explicitement demandé. Pour la restructuration et l’agrandissement de l’ensemble périscolaire, médiathèque et école maternelle de Pulligny (54), l’agence a ainsi complètement repensé les liaisons avec le tissu existant. Cette approche à l’échelle du territoire rural est également enrichissante dans la relation très étroite créée avec les acteurs locaux, en particulier les équipes des CAUE.

 

Dépasser la pratique d’agence pour nourrir sa conception

Nadège, qui enseigne à l’École d’architecture de Nancy depuis 2007, y crée de nombreuses passerelles avec sa pratique d’agence. Son enseignement porte ainsi sur les enjeux contemporains de l’habitat, comme la reconfiguration des HLM des Trente Glorieuses et l’adaptation au vieillissement de la population. Son atelier de projet intitulé « Domus Lab » met les étudiants aux prises avec des contextes réels, en immersion in situ et en contact avec les parties prenantes. Ils éprouvent ainsi, par une mise en pratique spécifique, la difficulté de vivre dans des espaces non adaptés ou déqualifiés. Selon Nadège, « ils en ressortent parfois un peu ébranlés dans leurs certitudes, mais avec un réel élan pour s’engager dans leurs futures pratiques ». Son objectif est de mettre en relation l’enseignement, les apports de la recherche et les acteurs de terrain afin de rendre visible tout le potentiel de l’architecture, bien trop peu utilisé dans un contexte social et environnemental alarmant.

Marc-Olivier trouve dans son implication au sein du Mouvement de la frugalité heureuse et créative une manière productive et stimulante de participer aux débats de la profession. Il collabore ainsi avec son confrère et ami Christophe Aubertin au développement des journées d’échange sur l’art de construire de manière frugale sur le territoire lorrain. Il anime également un groupe de travail pour favoriser et fédérer les initiatives autour du réemploi, sujet qu’il maîtrise par son expérience, notamment avec la réhabilitation de la maison VA à Nancy. Une synergie entre acteurs locaux animés de la même volonté de « faire ensemble » est en train d’émerger.

 

Pédagogie d’agence, gestion des équipes et transmission

Bien qu’elle soit organisée autour d’un couple composé de deux fortes personnalités, l’agence a une structure très horizontale. L’effectif moyen de huit personnes permet un fonctionnement idéal dans le processus collaboratif. L’open space disposé autour d’un îlot central favorise échanges et débats. L’équipe est majoritairement jeune et l’effectif régulièrement renforcé par un candidat HMO et un ou deux stagiaires. Un moyen complémentaire de transmission pédagogique…

Le travail en volume est une autre spécialité de Bagard & Luron. Les maquettes de recherches, d’études, de rendus, de charpentes ou de détails sont présentes dans chaque espace vide de l’agence. Nadège et Marc-Olivier défendent le côté engageant de cet outil : « Chacun est capable de comprendre un volume réel en le découvrant à son rythme, alors qu’une maquette numérique peut être ressentie comme “autoritaire” dans sa lecture. » Une maquette est également un excellent moyen de fédérer lors de réunions publiques ou d’expliquer le projet aux artisans.

La recherche de la rationalité en plan passe par la définition très en amont d’une trame constructive maîtrisée et contrôlée. Pas question de subir post-esquisse les contraintes des bureaux d’études ! Les architectes sont donc attentifs de manière précoce à la juste place des éléments techniques, ce qui permet de les intégrer de manière naturelle dans les espaces. La question de la migration vers la démarche BIM a été, comme toujours, longuement débattue par l’ensemble de l’équipe. D’abord résistants et réfractaires au remplacement du dessin par l’assemblage d’éléments issus de bibliothèques, avec tous les effets pervers induits, les membres de l’agence ont récemment sauté le pas afin de pouvoir être opérants sur des projets de plus grande envergure. Convaincus du gain de temps sur le chantier, ils sont malgré tout restés fidèles à leurs valeurs, en cantonnant cet outil à son simple rôle de production. Aujourd’hui encore, la conception chez Bagard & Luron reste une affaire de recherche, de concertation et de dialogue afin de dégager le plan parfait sur calque avant la moindre ligne tracée sur écran.

Maison YP, Épinal (88)

La maison YP cristallise le principe d’une « écologie intelligente » porté par l’agence Bagard & Luron. Construite en 2011 à Épinal, sur le site d’une ancienne laverie, elle interroge à la fois la question du réemploi et la notion d’habitat. Dans une halle existante à double travée, les architectes ont installé deux entités indépendantes en ossature bois, contenant respectivement une zone pour le jour et une autre pour la nuit. Entre les deux se succèdent en enfilade des espaces non chauffés, éclairés par les verrières existantes en toiture. Ils forment une diagonale qui structure et distribue l’espace, de l’entrée jusqu’au jardin suspendu situé à l’extrémité opposée. Pour les architectes, « ce volume libre, dont la fonction est en constante redéfinition, apporte tout son sens au projet. Tantôt jardin d’hiver, tantôt cour couverte, cette forme en creux du projet est sans cesse traversée, investie, utilisée, parcourue ».

Du point de vue thermique, il y a une recherche d’optimisation de la dépense : seuls les volumes en bois sont isolés, le reste de la halle agissant comme une vaste zone tampon. On imagine aisément comment le plan pourra évoluer, s’agrandir ou se rétrécir au cours des années. La dualité du projet est également incarnée par sa matérialité. Les poteaux et la charpente métallique, la couverture en tuiles et les plaques d’acier brut au sol apportent une rugosité industrielle. Les architectes voulaient créer « un contraste avec les volumes aux parois d’une matité blanche presque abstraite », dévoilant derrière les pans vitrés des espaces de vie dépourvus de tout décor.

Dans ce type de lieu, la recherche d’une économie de moyens pour un maximum de lumière et de confort est complexe. La maison YP répond à la question de la juste place de l’habitant dans le processus de conception, et à la nécessité d’une certaine connivence dans les idées, les envies et les sensibilités entre le client et ses architectes.

 

[ Maîtrise d’ouvrage : privé

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes

Surfaces : 135 m2 habitables et 300 m2 avec les jardins d’hiver

Livraison : 2012 ]

 

 

Dix maisons pour seniors et aménagement du centre-bourg, Batilly (54)

Le projet est implanté sur un ancien pré en pente, relativement enclavé au centre du village de Batilly. Transformant cette contrainte en force, l’agence Bagard & Luron a créé un ensemble autonome qui redonne du sens au lieu. L’opération a permis de fédérer une communauté de voisins, créant ainsi les conditions favorables aux interactions sociales qui donnent vie à cet ensemble résidentiel. De nouvelles liaisons ont été établies avec le village sous forme de cheminements piétons et de percées visuelles, en particulier vers l’église.

Proposant une relecture du village lorrain traditionnel, les parcelles des dix maisons sont traitées telles des lanières le long d’un espace de circulation partagé, agrémenté d’espaces végétalisés. Vers l’espace public, chaque logement dispose d’un jardin d’entrée et d’un abri à voiture. Les cuisines, séparées du séjour, sont systématiquement orientées vers l’espace public. Les salons sont prolongés sur l’arrière par une terrasse, ombragée par une treille et entourée d’un jardin. La surface relativement modeste des cinq T2 et des cinq T3 est contrebalancée par des dispositifs qui donnent du caractère aux pièces de vie. Dans le séjour, le haut plafond sous charpente en bois offre un espace généreux. Les dimensions ont été étudiées pour faciliter la vie des seniors : les portes sont larges et leur nombre réduit au strict minimum ; l’allège de la fenêtre des chambres est à la hauteur de l’assise d’un fauteuil.

Cette architecture échappe à la question du style en faisant logiquement corps avec le lieu par son intégration urbaine, tout en ayant une identité propre dans sa matérialité grâce à la mixité entre brique et bois. Dans les maisons qui ne disposent pas d’une ouverture au sud, nécessaire pour une optimisation bioclimatique, un lanterneau capte les rayons solaires. La répétition des volumes, particulièrement en toiture, permet d’affirmer l’appartenance des habitations à une même opération tout en proposant un projet qui s’insère harmonieusement dans le paysage.

 

[ Maîtrise d’ouvrage : commune de Batilly

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes, Etico, Eole Ingénierie

Surface : 660 m2 shab

Coût : 1 836 000 euros HT

Livraison : 2019 ]

 

 

Unité Alzheimer, Ligny-en-Barrois (55)

À Ligny-en-Barrois, le bâtiment qui accueille les patients atteints de la maladie d’Alzheimer a été construit face à l’Ehpad, de l’autre côté du boulevard. Glissé entre les arbres sur un terrain bordant le canal de la Marne au Rhin, il offre à ses résidents une ambiance calme et bucolique. Les 26 chambres sont réparties dans deux ailes symétriques organisées chacune autour d’un patio triangulaire, qui apporte les bénéfices de la lumière naturelle et du végétal au cœur du projet. Entre les deux unités sont regroupés les équipements communs : les salles de soins et le vaste espace qui s’ouvre en éventail vers le sud. De la terrasse qui s’étend devant cette salle à manger s’ouvre une perspective sur le cours d’eau, le petit port et les montagnes environnantes.

Les résidents présentent des déficits moteurs, sensoriels et cognitifs. Le jardin thérapeutique leur apporte des stimulations par les odeurs et les couleurs. Il est composé d’un espace de jardinage avec des plantes aromatiques, d’un carré fleuri et d’un belvédère sur l’embarcadère. Il n’est clos que par des ganivelles de châtaignier, qui bloquent le passage pour des raisons de sécurité, mais laissent sur le paysage une vue dégagée.

 

[ Maîtrise d’ouvrage/AMO : Ehpad de Ligny-en-Barrois, SEBL

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes, en collaboration avec Thiénot Ballan Zulaica (architectes mandataires) et ACT Paysage

Surface : 1 195 m2 utiles et aménagements paysagers

Coût : 2 790 000 euros HT

Livraison : 2016 ]

 

 

Groupe scolaire, Ochey (54)

La commune d’Ochey, en Meurthe-et-Moselle, est connue pour son active base militaire aérienne. La question de l’acoustique y est une véritable contrainte, en particulier pour un groupe scolaire. L’habitude et les présupposés techniques auraient commandé un projet en béton lourd et massif, mais l’agence Bagard & Luron a convaincu le maître d’ouvrage d’édifier un bâtiment entièrement en ossature bois.

Réinvestissant une parcelle d’angle au centre du village, le nouvel équipement crée une suture au sein du bâti existant. Le front de rue est conservé, mais l’espace paysager et récréatif, sur lequel les salles de classe s’ouvrent au sud, offre une respiration sur l’arrière. La volumétrie est compacte malgré un décrochement dans la toiture : partie en terrasse à l’arrière, forte pente côté rue. Cette solution astucieuse permet d’apporter un éclairage naturel à la circulation centrale, qui distribue les espaces tout en captant les calories du soleil.

Les façades à ossature bois ont reçu une finition en enduit de couleur claire, qui souligne le travail de composition volumétrique. Seul le préau, équipement ludique pour les enfants, travaille le bois de manière architectonique, avec des entrelacements créant des jeux d’ombres. À l’intérieur des salles de classe, les poutres apparentes entrent en résonance avec le mobilier en panneaux trois plis d’épicéa et les menuiseries en mélèze massif.

 

[ Maîtrise d’ouvrage/AMO : SIS Moutrot-Ochey-Crézilles, communauté de communes Pays de Colombey et du Sud toulois

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes, Barthès Bois, Eole Ingénierie, Venathec, Touzanne et associés

Surface : 420 m2

Coût : 850 000 euros HT

Livraison : 2018

Lauréat du prix régional Grand Est de la construction bois 2019 ]

 

 

Accueil périscolaire et restauration collective, Fontoy (57)

Le projet pour le nouvel accueil périscolaire et la restauration collective de Fontoy, en Moselle, traduit deux préoccupations majeures de Bagard & Luron : la revitalisation d’un tissu existant et l’extrême rationalité du plan. Le nouveau bâtiment, implanté sur un terrain irrégulier à la topographie très marquée, est totalement de plain-pied. Les deux entités du programme sont réunies sous une vaste couverture, qui efface complètement le bâtiment au sein du paysage alentour, composé de jardins et de vergers en terrasses. Seuls une « île-volcan » et trois canons à lumière émergent de cette toiture végétalisée, signalant le caractère public de l’équipement.

Le périmètre des bâtiments suit le contour de deux grandes courbes. La première s’adresse à l’espace public et borde la placette. La seconde, intérieure, définit la cour d’école en un demi-cercle embrassant la rangée de platanes. Ces deux façades se répondent du dedans au dehors, jouant la continuité entre la place et la cour, grâce au péristyle qui donne au bâtiment son identité. Ses colonnes en bois participent autant à la structure qu’à l’ornementation. Le traitement du pied des poteaux, qui reposent sur de magnifiques bulbes en pierre, nous rappelle l’intelligence des charpentiers chinois ou japonais. L’intérieur se distingue par une unité dans la matérialité : la plupart des ouvrages et le mobilier sont en bois. Outre un lien avec la cour de récréation et des liaisons aisées avec l’école, chaque entité du programme dispose d’une vue et d’un accès vers de petits espaces paysagers. Depuis le préau, un escalier permet l’échappée vers les jardins pédagogiques étagés dans le terrain en pente.

 

[ Maîtrise d’ouvrage/AMO : commune de Fontoy, MATEC

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes, Sibeo ingénierie, Venathec

Surfaces : 1 000 m2 utiles, 640 m2 aménagements extérieurs

Coût : 2 311 000 euros HT

Livraison : 2022 ]

 

 

Transformer ce qui est déjà-là

Depuis sa création, l’agence Bagard & Luron apprécie la transformation du « déjà-là », que le patrimoine soit remarquable, tel le centre des Roises de Commercy, ou ordinaire, telle la grange devenue maison associative et intergénérationnelle à Roussy-le-Village. Les deux projets ont été guidés par la recherche de la justesse des solutions apportées pour le bien commun, l’action sociale et le tissu associatif.

Le centre des Roises, une ancienne école de filles convertie en maison des associations, fait partie du patrimoine remarquable que les habitants de Commercy connaissent et identifient. La valorisation du bâti existant (conservation du « classicisme » des façades et respect des modénatures) devait s’accompagner de celle de l’entrée principale à travers la création d’un parvis pour reconnecter l’ensemble immobilier avec le tissu urbain. Une opération de suture semblable est réalisée avec le parc voisin. Le ruisseau des Roises, qui était canalisé, a été partiellement remis à jour. À l’intérieur du bâtiment, la structure et certains matériaux ont été conservés pour tirer le meilleur parti du déjà-là et optimiser les coûts. Un travail de fond a été engagé pour intégrer un ascenseur dans le volume existant en prenant en compte de fortes contraintes spatiales et structurelles afin d’éviter une gaine extérieure portant atteinte à l’édifice. Les nouvelles géométries sont simples. Le plan fonctionnel permettra des évolutions, notamment grâce à la juxtaposition de salles banalisées.

À Roussy-le-Village, la maison associative et intergénérationnelle s’est installée dans les anciennes écuries d’un relais de poste implanté en limite de la commune. Au-delà, la vue se dégage vers un pré inondable, une lisière d’arbres et le lit de la rivière Altbach. Le beau volume de la grange était parfait pour accueillir la salle multi-activités, tandis que le reste du programme prend place dans une extension compacte. Son gabarit, inférieur à celui de l’existant, permet une intégration douce en relation étroite avec les aménagements extérieurs. Les murs en moellons ont été isolés avec de la laine de bois qui laisse migrer la vapeur d’eau. À l’intérieur, un encadrement en bois transforme les menuiseries en véritables « baies à habiter ». À l’extérieur, leur dessin est souligné par un élégant travail de cadres en acier Corten. Le parking, déporté en contrebas du site, est traité comme une terrasse et participe à la gestion de la zone d’expansion des crues.

 

Centre des Roises, Commercy (55)

[ Maîtrise d’ouvrage/AMO : ville de Commercy, MP Conseil

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes, Etico, Eole ingénierie, Touzanne et Associés, Venathec, Bureau Prevenssion

Surface : 955 m2 utiles

Coût : 2 982 000 euros HT

Livraison : 2021 ]

 

Maison associative et intergénérationnelle, Roussy-le-Village (57)

[ Maîtrise d’ouvrage/AMO : commune de Roussy-le-Village, MATEC

Maîtrise d’œuvre : Bagard & Luron architectes, Barthès Bois, Eole ingénierie, Touzanne et Associés, Venathec

Surface : 720 m2 utiles

Coût : 2 070 000 euros HT

Livraison : 2021 ]


Les articles récents dans Parcours

Remingtonstyle : L’économie doit être une prérogative de l’architecte Publié le 11/12/2022

Face aux enjeux écologiques propres à l’acte de construire, David Jouquand et Pierre Frinault, a… [...]

Graal : Les pieds sur terre Publié le 19/10/2022

Depuis la création de l’agence Graal en 2012, Nadine Lebeau et Carlo Grispello ont choisi de s… [...]

MBL architectes : MBL, l'opportune Publié le 06/09/2022

2022 est l’année de la révélation pour l’agence MBL. Lauréate du projet de transformatio… [...]

h2o Architectes : Création et patrimoine Publié le 05/05/2022

h2o architectes et Eugène sont deux agences en une qui multiplient les projets d’ampleur à tra… [...]

Collet Muller Architectes : Une œuvre parallèle Publié le 28/03/2022

Trentenaire engagé dans son temps, Antoine Collet vient de livrer une opération de logements d… [...]

Atelier Régis Roudil : Renouer des liens avec le terroir Publié le 22/02/2022

Régis Roudil aborde chaque projet avec humilité mais beaucoup de conviction. la clarté et la s… [...]

.

Réagissez à l’article en remplissant le champ ci-dessous :

Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
.

> L'Agenda

Janvier 2023
 LunMarMerJeuVenSamDim
52      01
0102 03 04 05 06 07 08
0209 10 11 12 13 14 15
0316 17 18 19 20 21 22
0423 24 25 26 27 28 29
0530 31      

> Questions pro

Et si on arrêtait de bosser ?

Apparu aux États-Unis après le covid, le phénomène de « la grande démission » marque une évolution du rapport au travail et la Fra…

Les ABF aussi en première ligne pour défendre le patrimoine contemporain

Rôle délétère de l’ANRU pour financer la destruction des logements, inquiétude devant la généralisation de l’isolation thermique des…

Détruire ou non ?

Faïence dans les halls, aplats colorés en façade, l’indigence des signes a trop souvent résumé la réhabilitation des barres des grands e…