Bellastock : de la ville éphémère au réemploi des matériaux

Rédigé par Christine DESMOULINS
Publié le 02/11/2015

Dossier réalisé par Christine DESMOULINS
Dossier publié dans le d'A n°240


En quête d’une expérience de terrain au contact de la matière et des matériaux, des étudiants en architecture et de jeunes architectes investissent des territoires. 



Des collectifs intégrant de jeunes architectes urbanistes interviennent de plus en plus dans des quartiers en devenir pour des expérimentations propres à générer un nouvel environnement et des comportements associant les usagers à la fabrication de leur cadre de vie. En s’inspirant des Compagnons du devoir, les membres du collectif Etc se sont fait connaître en 2012 en sillonnant la France en vélo pour travailler avec les acteurs identifiés comme participant à une certaine « fabrique citoyenne de la ville ». Pour l’association d’architecture expérimentale Bellastock, créée en 2006 par trois étudiants de l’ENSA de Paris-Belleville, l’idée est d’avoir les pieds sur le terrain et les mains dans la matière. Face à l’absence de confrontation avec la matière et les matériaux durant leurs études, ils ont organisé un festival où les étudiants peuvent construire des structures à échelle humaine. Cette idée de ville éphémère ayant fait école, neuf ans plus tard l’association a développé de nouvelles façons de faire le projet. Elle réunit huit salariés et 150 adhérents et mobilise de jeunes professionnels et des étudiants en architecture, des graphistes, des charpentiers, des designers… « Le festival de 2012 à l’île Saint-Denis nous a donné accès à la friche entrepôt du Printemps, où un projet d’écoquartier était en cours, dit Paul Chantereau. Nous avons ensuite proposé à la SEM Plaine Commune d’accompagner le chantier et d’en faire un territoire d’expérimentation. Nous avons suivi la déconstruction des entrepôts et su inciter à une part de déconstruction sélective pour récupérer des matériaux à réemployer dans la création de prototypes et d’éléments d’aménagement des espaces (pavages, passerelles, mobilier urbain) autoconstruits par les membres de l’association. Nous avons bâti notre lieu de travail, ACTLAB, laboratoire sur le réemploi. Cette expérience a débouché sur la première mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour la filière de réemploi in situ en France. » La démarche de l’association nous écarte de l’architecture car elle ne fait pas de maîtrise d’oeuvre. Elle encadre des stages chantiers pour les étudiants et a désormais mis en place des outils pour organiser la filière. Son expertise est aujourd’hui reconnue et ses expérimentations alimentent une recherche financée par l’ADEME, avec l’objectif de rendre la méthode reproductible. Le modèle économique reste quant à lui en cours de construction. 

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