Construire en composites : une nouvelle culture architecturale ? - Nouvelle forme d'abri, gare routière de Hoofddorp, Hollande - Architecte : agence Nio

Rédigé par Karine DANA
Publié le 01/03/2018

Vue de l'abri de la gare routière de Hoofddorp par l'architecte Maurice Nio

Dossier réalisé par Karine DANA
Dossier publié dans le d'A n°260

Implantée à proximité d’une place publique en grande périphérie d’Amsterdam, cette gare routière constitue un pôle d’échanges pour les lignes de bus locaux et se destine à protéger les utilisateurs tout en permettant l’accès aux véhicules. De dimensions 50 x 10 x 5 m, cet abri spectaculaire est l’une des plus grandes structures en composite jamais réalisée. Selon les architectes, le budget à disposition n’aurait pas permis d’avoir recours à des méthodes constructives conventionnelles. Ils prennent ainsi le parti du composite pour la création d’une surface continue de grande portée et de l’usage d’un matériau massif mais léger.

L’ouvrage est composé de blocs de polystyrène usinés numériquement en atelier et raccordés sur site. Une grande structure temporaire a été montée à proximité du chantier, dans laquelle ont été déposés les blocs, assemblés à plat puis stratifiés avec des bandes de fibre de verre recouvertes de résine polyester. L’objet final a ensuite été progressivement installé par montage et collage. La finition des surfaces a d’abord été réalisée en brut de composite, laissant les fibres apparentes. Très facile à usiner, la mousse de polystyrène a permis l’intégration de fonctions : grandes assises, lignes d’éclairage artificiel, huisseries, etc., sont incorporées dans le matériau. Après quelques années d’usage, l’équipement a été recouvert d’une peinture polyuréthane de couleur orange. Deux raisons à cela : le besoin d’entretien de la peau et la volonté du maire de « coloriser » l’environnement ambiant. Une très bonne occasion pour Maurice Nio de ré-intervenir, comme il aime le faire, sur son bâtiment.

« Les gens s’interrogent souvent sur la forme de ce bâtiment et sur ce qu’il représente, expliquent les architectes, et il y a un certain nombre de réponses possibles. En terme architectural, il peut être vu comme un gros rocher usé. En termes philosophiques, il peut être considéré comme une forme qui n’a pas été dépassée mais s’est simplement laissée découvrir. En termes de conception, il peut être vu comme le simple produit d’un processus intuitif, notamment en raison du terrain technique inconnu dans lequel nous avons dû opérer… »

 

[ Lieu : Voorplein Spaarne Ziekenhuis, Hoofddorp, Hollande

Maître d’ouvrage : Schiphol Project Consult

Maître d’œuvre : Maurice Nio architecte

Entreprise : Ooms

BET structure : Ingenieursbureau Zonneveld & Engiplast

Design : Henk Bultstra, Mirjam Galjé, Hans Larsen, Maurice Nio, Jaakko van ‘t Spijker

Coût : 1 million d’euros ]

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