N° 155 - Mai 2006

L’ endroit est plutôt calme, vous y trouverez beaucoup d’espace libre, propre, vous y rencontrerez peu de pauvreté, les bâtiments sont assez bien entretenus , vous êtes proche de la campagne, voire au milieu des pâturages. Ces lieux sont pourtant parmi les plus méprisés, on leur préfère la monstrueuse densité du Caire, l’infernale misère de Lagos, la vulgarité de Las Vegas. À l’ennui, on préfère le dégoût et la fascination. Indéniable marque de disgrâce, l’ architecture contemporaine peut s’y exprimer sans vergogne , sans que personne ne s’en offusque. Il est vrai que les «zones d’ activités» sont souvent une manne pour les communes. Elles leur apportent une taxe professionnelle inespérée qui leur permet enfin de remplacer tous les réverbères de l’ avenue principale par des modèles flambant neufs à l’ancienne, ou même de créer des carrefours giratoires décorés de charrettes fleuries et, cerise sur le gâteau, de créer des emplois. On peut bien tout leur pardonner. Force est cependant de constater que l’ architecture n’y est pas plus médiocre qu’ailleurs. Le sentiment d’ennui et de tristesse que leur traversée produit invariablement sur notre humeur provient beaucoup plus de la pauvreté des rapports que les bâtiments entretiennent entre eux et avec l’espace public que de leurs qualités intrinsèques. Si une grande partie de ces constructions, entrepôts , bâtiments d’activités, ateliers, échappent au savoir-faire des architectes, certaines qui leur sont confiées sont pour eux l’ opportunité d’un exercice de style redoutable: concevoir selon des contraintes de fonctionnement très fortes pour des budgets minima et dans des délais très serrés. L’ exercice, austère, peut être également très stimulant, comme en témoignent les bâtiments qui illustrent notre dossier consacré ce mois-ci à l’architecture des zones d’ activités .
Emmanuel Caille

Abonnez-vous à D'architectures

Sommaire 

Magazine

Photographes

» Édouard Caupeil : « Faire transpirer les bâtiments »

Points de vue / Expos

» Une architecture de prix - Attribution de Pritzker Prize à l'architecte brésilien Paulo Mendes da Rocha

Archives PDF

Le téléchargement des archives au format PDF est réservé aux membres inscrits possédant un abonnement au magazine papier.
Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
» Antoine Béal, Ludovic Blanckaert : L’unité duale texte de Pascale Joffroy
» Édouard Caupeil : «Faire transpirer les bâtiments» texte d'Olivier Namias
» Le cimetière du Darbousson à Valbonne-Sophia Antipolis, Architecte : atelier Marc Barani texte de Emmanuel Caille

> L'Agenda

Décembre 2022
 LunMarMerJeuVenSamDim
48   01 02 03 04
4905 06 07 08 09 10 11
5012 13 14 15 16 17 18
5119 20 21 22 23 24 25
5226 27 28 29 30 31  

> Questions pro

Et si on arrêtait de bosser ?

Apparu aux États-Unis après le covid, le phénomène de « la grande démission » marque une évolution du rapport au travail et la Fra…

Les ABF aussi en première ligne pour défendre le patrimoine contemporain

Rôle délétère de l’ANRU pour financer la destruction des logements, inquiétude devant la généralisation de l’isolation thermique des…

Détruire ou non ?

Faïence dans les halls, aplats colorés en façade, l’indigence des signes a trop souvent résumé la réhabilitation des barres des grands e…