N° 162 - Mars 2007

Pour pallier la difficile formulation d’une pensée critique, une tendance fort répandue aujourd’hui consiste à multiplier les transversalités entre les différents champs culturels et artistiques. Drapée dans la bonne conscience de l’ouverture d’esprit, cette attitude se réduit souvent à juxtaposer deux univers, en espérant que les rapports intuitifs que l’on y décèle suffisent à créer du sens. Or, si de telles
confrontations peuvent être stimulantes, elles requièrent plus que jamais une analyse rigoureuse qui puise ses formulations à l’essence même des choses. Il ne suffit pas de faire un bâtiment parfaitement parallélépipédique pour établir un lien pertinent avec une sculpture de Donald Judd ou y mettre des courbes et des pièges à lumière pour évoquer la musique baroque. Musique et architecture entretiennent des rapports que chacun pressent intuitivement mais sans pour autant savoir les expliciter. Nuper rosarum flores, le motet que Guillaume Dufay compose pour l’inauguration du dôme de Florence en 1436, témoigne d’une indiscutable compréhension de l’architectonie de la coupole de Brunelleschi, mais il serait presque impossible à un auditeur d’aujourd’hui d’en percevoir les intelligences à la simple écoute. Les arts ne reposaient-ils pas alors sur un langage plus partagé, qui les rendait accessibles au-delà des codes et conventions de chacun d’entre eux? La frénésie actuelle de transversalités témoigne plus de la déficience d’une langue commune que d’une réelle osmose des modes d’expression. Elle en manifeste très certainement une frustration. C’est pourquoi nous souhaitons revenir régulièrement sur ces questions et tenterons d’expliciter plus clairement ces relations. Ces prochains dossiers se veulent des outils propices à l’intelligibilité des interférences artistiques et culturelles. Ouverture ce mois-ci avec musique et architecture .
Emmanuel Caille

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