N° 165 - Juin 2007

L’élection présidentielle a ceci d’utile qu’elle amène des bouleversements que l’on pourrait très bien faire à n’importe quel moment, mais que l’on ne s’autorise cependant jamais à faire en dehors de ce rituel républicain. Ainsi en va-t-il du jeu savant et délicat du découpage entre ministères: une nouvelle répartition, de nouvelles têtes, et c’est comme si le changement avait déjà eu lieu! La rumeur annonçait que la Culture allait être absorbée dans un grand ministère de l’Éducation nationale, mais il n’en fut rien. Le Logement, hier absorbé dans la «Cohésion sociale» ou dans l’Équipement, retrouve son autonomie, associé à la Ville. Un ministère majeur, consacré à l’écologie, au développement et à l’aménagement («durable», comme il se doit!) fait son apparition. Le moment n’est-il pas re venu de se demander à quelle tutelle l’architecture devrait être rattachée? Certes, avec une réforme et un patrimoine rénové pour ses écoles, la Culture n’a pas démérité. Mais à
l’heure où les valeurs de l’éthique architecturale ont une chance de s’imposer comme l’un des vecteurs les plus opérants pour l’écologie, l’aménagement territorial et la cohésion sociale, n’y a-t-il pas un risque à confiner l’architecture dans le domaine élitiste, ou en tout cas intimidant, de la culture? La vanité dont
témoignent les derniers grands concours, comme celui de la Philharmonie de Paris, confirme que c’est moins dans le spectaculaire qu’à partir d’une confrontation avec le «réel» que l’architecture saura se renouveler et trouver une juste place dans un développement équilibré. Si nous voulons que l’architecture devienne un élément naturel des processus d’aménagement à l’ h e u re où beaucoup d’acteurs économiques la considèrent encore comme une sorte de supplément d’âme encombrant, la tutelle d’autres ministères ne serait-elle pas plus indiquée ? Les grandes figures de la profession, qui puisent un indubitable plaisir narcissique à se voir défiler dans les miroirs des salons de la rue de Valois, seraient-elles prêtes pour autant à y renoncer? ■
Emmanuel Caille

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