N° 169 - Décembre 2007

On forge des concepts, on définit des valeurs qui nous permettent d’élaborer un langage commun pour mieux comprendre les mécanismes de la ville et de l’architecture. Ainsi en est-il, par exemple, de la notion d’espace public. Et puis un jour, on prend conscience que ces mots ne recouvrent plus la réalité à laquelle ils étaient censés renvoyer et qu’ils ne sont plus opératoires – comme l’on dit aujourd’hui – pour une analyse pertinente et, si possible, anticipatrice. La chute intervient souvent après un emploi excessif et incantatoire du concept. C’est le sort qui paraît aujourd’hui réservé à l’espace public, ce concept paré de toutes les vertus de la démocratie et du « vivre ensemble » si cher aux langues de bois. Non pas que les valeurs qu’il incarnait – collectivité, partage, échange – soient devenues obsolètes mais plutôt que l’on peine désormais à définir les limites de ce qui est public ou non. La privatisation, ou tout du moins la prise en charge de pans entiers du territoire par des organismes privés, est l’une des évolutions majeures de ces dernières années. La rue, la maintenance, les musées ou l’aménagement de quartiers sont de moins en moins entre les mains d’une collectivité publique responsable devant ses électeurs. Parallèlement, la notion de $privé$ subit elle aussi de profondes mutations. C’est pourquoi l’opposer à celle de $public$ dans une vision manichéenne risque de nous faire passer à côté des nouveaux enjeux du développement urbain.
Si le dossier de ce mois, justement consacré à la financiarisation des villes, aura pour certains une allure de roman d’anticipation, il faudra pourtant se résoudre à admettre qu’il décrit la réalité actuelle. Corroborant ce constat, notre récit relatant l’inauguration du spectaculaire BMW Welt à Munich montre à quel point les lieux emblématiques de la ville sont désormais initiés et conçus par les grands acteurs du commerce mondial. L’architecture, pour le meilleur et pour le pire, dans sa conception et ses finalités, s’en trouve bouleversée. EC

Abonnez-vous à D'architectures

Sommaire 

Magazine

Photographes

» Banco gagnant à Djenné

Le dossier du mois

» La ville est-elle encore publique?
» Vers la privatisation de la ville?
» Qu'est-ce que la financiarisation?

Archives PDF

Le téléchargement des archives au format PDF est réservé aux membres inscrits possédant un abonnement au magazine papier.
Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
» Leibar & Seigneurin. Texte d'Armelle Lavalou
» Banco gagnant à Djenné (Mali). Texte de Philippe Masson
» Coop Himmelb(l)au BMW Welt, Munich. Texte d'Emmanuel Caille
» Patrick Bouchain et Loïc Julienne Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Paris XIII. Texte de Marie-Christine Loriers

> L'Agenda

Mars 2019
 LunMarMerJeuVenSamDim
09    01 02 03
1004 05 06 07 08 09 10
1111 12 13 14 15 16 17
1218 19 20 21 22 23 24
1325 26 27 28 29 30 31

> Questions pro

Transmettre ou ne pas transmettre son agence

En société ou libéral, quelles sont les questions qu’un architecte doit se poser en matière de transmission ? Daniel Seddiki, expert-comptable…

L'architecte et les jurys

Qui juge et que juge-t-on dans les jurys ? La loi Elan récuse les concours pour les logements sociaux. Le Grand Prix national d’architecture…

Spécial logement: La quête de la qualité architecturale de l'habitat social est-elle menacée?

La loi ELAN suscite de grandes inquiétudes au sein de la profession. Trois jeunes architectes, praticiens et enseignants, expriment leur crainte…