N° 170 - Février 2008

Les modalités de conception et les finalités de l’architecture sont aujourd’hui soumises à de profonds bouleversements. Face à ces incertitudes et n’ayant plus d’idéologie sur laquelle étayer leur pratique, certains architectes se sont repliés vers des valeurs à leurs yeux intemporelles : celles du corps dans sa relation poétique avec l’espace, la matière, la lumière. Cette représentation harmonieuse se fonde sur une éthique constructive dont la cohérence se veut à l’image d’une Nature qui, de par sa vérité intrinsèque, serait forcément vertueuse. Se détachant de cette vision un peu panthéiste et assumant la trivialité du fait économique contemporain, d’autres veulent composer avec le « réel » (sic), sa logique quantitative et sa misère technique, afin de mieux le maîtriser. Chacun se faisant sa propre idée du fameux réel, d’autres encore ont pris acte de la victoire du consumérisme planétaire, de sa soumission à l’esthétique du désir instantané. Faisant fi de la dimension anthropogénétique de l’acte architectural, ils sont passés maîtres en manipulation des images, outil de communication le plus à même de nous soumettre à leurs nouvelles règles du jeu.
Les architectes sont un peu tout cela ou successivement l’un ou l’autre selon leurs opportunités. Leurs actes les distinguent mais leurs discours consensuels à l’humanisme passe-partout les rapprochent et il devient difficile à chacun de se situer dans ce paysage. La reconnaissance à travers la presse ou les prix devient alors plus que jamais, au-delà des questionnements narcissiques, un enjeu stratégique.
C’est dans ce contexte qu’un psychodrame a ébranlé le milieu des architectes lors de l’annonce du prix de l’Équerre d’argent : des mots maladroits, qui n’auraient pas été dits mais auraient pourtant été entendus (!) pour justifier le choix du jury, ont provoqué l’ire d’éminents représentants de la profession : « ordinaire », « gesticulatoire », ces mots introduisent en effet bien mal une réflexion urgente à entreprendre mais ils auront eu le mérite de crever l’abcès d’un malaise, lui bien… réel.

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Sommaire 

Magazine

Parcours

» Fabio Gramazio et Matthias Kohler : "Matières digitales"

Photographes

» Jürgen Nefzger, « Restituer une expérience du paysage »

Points de vue / Expos

» Alan Harald Colquhoun. 1921-2012

Le dossier du mois

» Architecture et psychanalyse : Le corps de l'architecte
» Architecture et psychanalyse : D'une construction à l'autre
» Architecture et psychanalyse : Rêver, habiter, parler aujourd'hui
» Architecture et psychanalyse : Les limites de la métaphore architecturale.
» Architecture et psychanalyse : Des points communs...
» Architecture et psychanalyse

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» Gramazio & Kohler, "Matières digitales". Texte de David Leclerc
» Jürgen Nefzger, «Restituer une expérience du paysage». Texte d'Olivier Namias

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