N° 179 - Février 2009

Confusion des genres

D’un côté, la presse, dont la vocation est d’informer, de rendre le monde plus compréhensible en proposant à ses lecteurs les outils pour affronter la
complexité de leur environnement. De l’autre, des acteurs économiques dont l’activité, et donc l’existence même, dépend presque entièrement de leurs facultés à se faire connaître de leurs clients. L’un et l’autre sont mus par des raisons d’être et d’agir distinctes mais leurs routes se sont vite croisées au point même, parfois, de se confondre. La publicité avait le mérite d’afficher distinctement les choses : d’un côté, le rédactionnel ; de l’autre, la pub. La pression des lobbyings de presse est aujourd’hui devenue telle que les lecteurs ne savent plus faire la diffé-rence entre le vrai travail de journalisme et la transcription à peine maquillée dans les journaux de dossiers de presse diffusés par les agences de communication. La presse féminine est sans doute aujourd’hui la plus gangrenée par ce système. Sa partie éditoriale n’est plus qu’un leurre destiné à camoufler la pression des annonceurs. Si la presse architecturale n’en est heureusement pas là, elle souffre depuis toujours d’un handicap sui generis : le travail de ses lecteurs constitue souvent le sujet de ses articles. Inévitablement, certains auteurs-lecteurs ont vite tendance à considérer les revues comme les supports de leur propre promotion. De ce point de vue, la publication n’est alors jamais assez fréquente, ni assez flatteuse pour leurs projets.
À l’heure où la véritable presse, papier ou Internet, est menacée de disparition, les moyens de communication, notamment via le Web, sont devenus accessibles pour tous. N’est-ce pas une chance inespérée pour les revues de se libérer de cette tâche et de retrouver leur vocation initiale ? Pour cela, elles doivent plus que jamais faire la preuve de leur légitimité : préserver leur indépendance, convaincre de la pertinence de leur analyse et assumer le risque de la critique. Croire que la presse se réduit à un rôle de promotion, c’est la condamner à disparaître tout en se condamnant à perdre un lieu de référence indispensable au débat architectural.
Assurer la promotion de son travail n’est pas pour autant avilissant. C’est d’ailleurs indispensable. Des professionnels de la communication en ont fait leur spécialité. Avec ou sans eux, les architectes ne peuvent plus s’en passer. C’est le sujet de notre dossier.

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