N° 187 - Décembre 2009

Soyons urbains

Du pavillon à la barre, une grande diversité d’hybridations typologiques existe. Ces multiples déclinaisons d’habitation sont par défaut rassemblées sous le vocable peu engageant d’«intermédiaire ». Si l’on voulait en déprécier la valeur et l’intérêt, on ne saurait mieux les nommer. À l’aune des nouvelles problématiques écologiques et sociétales, « l’habitat intermédiaire » revient sur le devant de la scène. Il tente de répondre à la nécessité de renforcer la proximité entre chaque logement, tout en offrant à chacun davantage d’intimité et d’espace extérieur domestique. À cette équation – concilier les bienfaits de la vie urbaine avec les avantages de l’intimité pavillonnaire – les réponses apportées se réduisent souvent à un mélange des deux : à des propositions précisément « intermédiaires ». Poussant cette logique jusqu’à l’absurde, James Wine du groupe SITE avait, dans un célèbre dessin, imaginé un $Highrise of homes$ (1981) composé de plateaux de pavillons superposés. Or n’est-ce pas justement en sortant des modèles simplistes de la maison et de l’immeuble collectif, qu’il conviendrait de moduler à l’infini, que des nouvelles formes d’habitation pourront émerger ? Car de la villa à l’immeuble villa de Le Corbusier, le logement reste toujours pensé en termes de cellules individuelles plus ou moins savamment assemblées. L’architecture vernaculaire traditionnelle, et pas seulement en Occident, procède généralement de manière inverse : c’est le milieu, le réseau complexe des relations sociales et les adaptations successives du bâti qui produisaient ces géométries de lieux où communauté et individualité, sacré et profane ont su trouver leur place. L’avènement d’une véritable urbanité en dépend.

Penser en termes de relations avant de penser au logement comme entité juxtaposable, c’est rendre possible, grâce à la contiguïté – et non plus malgré elle – une privacité ouverte, c’est-à-dire une intimité domestique qui ne se fasse pas au prix d’une réclusion et d’une exclusion de son voisinage. C’est pourquoi l’habitat de demain, qu’il soit ou non en ville, ne pourra pas se contenter d’être intermédiaire, il devra être urbain, tout simplement.

Emmanuel Caille

Abonnez-vous à D'architectures

Sommaire 

Magazine

Parcours

» Philéas: Architectes tout-terrain

Photographes

» Chen Jiagang, sur la troisième ligne

Points de vue / Expos

» Tirana Dialogues
» Euroméditerranée: une signature en chantier
» L'espace du collectionneur: de l'intime au partage

Concours

» Construire dans la pente: Hébergements pour chercheurs à Villefranche-sur-mer

Le dossier du mois

» Individuels... Mais urbains

Innovations

» Via design 3.0

Le Grand Entretien

» Entretien avec Maryline Desbiolles : Parler, ce n'est pas voir

Archives PDF

Le téléchargement des archives au format PDF est réservé aux membres inscrits possédant un abonnement au magazine papier.
Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
» Tirana Dialogues texte de Marc Armengaud

> L'Agenda

Janvier 2022
 LunMarMerJeuVenSamDim
52     01 02
0103 04 05 06 07 08 09
0210 11 12 13 14 15 16
0317 18 19 20 21 22 23
0424 25 26 27 28 29 30
0531       

> Questions pro

Faire vivre le patrimoine. Entretien avec Benoît Melon, directeur de l’École de Chaillot.

L’entretien et les réhabilitations concernant 28,4 % des travaux d’architectes, la spécialisation en deux ans proposée …

Quels conseils donner aux jeunes diplômés ?

Boxeur professionnel à 17 ans, Tadao Ando voyageait pour combattre avant de se former en autodidacte à l’architecture, métier qu’il dit…

Les ABF, de la censure au dialogue constructif

Légitimes gardiens du temple, les architectes des bâtiments de France accompagnent souvent des architectes et des maîtres d’ouvrage éclairés…