Eau et bois à tous les étages : " Aux arbres, mitoyens ! "

Rédigé par Olivier NAMIAS
Publié le 10/03/2016

Dossier réalisé par Olivier NAMIAS
Dossier publié dans le d'A n°242

10 logements locatifs sociaux, rue Dezobry, Saint-Denis, JTB architectures

Comportant dix logements répartis sur cinq niveaux, l’opération s’inscrit dans le cadre plus large de la résorption de l’habitat insalubre de la ZAC de Brise-Échalas, quartier dionysien situé entre la basilique et la station de RER Saint-Denis. Le secteur fait l’objet d’un PNRQAD (programme national de requalification des quartiers anciens dégradés) piloté par l’agence CoBe pour le compte de Soreqa. Le plan d’aménagement suit une logique d’acupuncture urbaine dont l’immeuble du 10 de la  rue Dezobry est un bon représentant. Pour Plaine Commune Habitat, le maître d’ouvrage, cette petite parcelle d’une rue étroite offrait en outre l’occasion d’expérimenter des modes constructifs adaptés aux sites contraints. C’est pourquoi le règlement du concours de maîtrise d’œuvre demandait expressément d’utiliser la filière sèche, sans toutefois privilégier aucun matériau. Lauréat de la consultation, Jean-Thibaut Bernard envisagea d’abord une construction en métal. Une option vite abandonnée au profit du bois massif CLT, d’autant que la société KLH, intéressée par cette typologie de petit immeuble multiniveau entre mitoyens, accepta d’accompagner l’architecte durant les études sans avoir la certitude que ses produits seraient prescrits sur le chantier.


Cœur en bois

L’immeuble est implanté entre rue et jardin. Aligné sur la voie, le volume compact s’infléchit légèrement à l’arrière de la parcelle, se pliant pour aller chercher des orientations sud et animer la façade sur jardin. Hormis le rez-de-chaussée, réalisé en béton, la structure est constituée en panneaux massifs CLT, cage d’escalier et cage d’ascenseur comprises. L’emploi d’un matériau unique dès le premier niveau a accéléré le montage de la structure, effectué en neuf jours, tout en évitant des raccords compliqués entre des ouvrages construits selon des tolérances différentes. Les éléments porteurs verticaux se répartissent entre les deux mitoyens, la façade sur rue et le noyau central, disposition permettant deux appartements traversants à chaque étage. La limitation des voiles porteurs a donné plus de souplesse dans les types d’appartements. Ainsi, il a été possible de passer du T1 au T5 uniquement en jouant sur la position de la cloison séparant les logements.


Côté cour, l’utilisation de deux poutres en lamellé-collé a permis d’abaisser la hauteur de plancher, et donc de maîtriser les coûts : « Comme les murs, les planchers sont en bois massif, explique Jean-Thibaut Bernard. Or, plus on augmente les épaisseurs de plancher, plus les prix flambent. Pour rester dans des épaisseurs raisonnables, il fallait éviter autant que possible de réduire les portées. » Les poutres de reprise se prolongent à l’extérieur des logements, où elles viennent reprendre des balcons en béton coulé en place. La structure CLT est renforcée ponctuellement par deux IPN en acier.



Mixité

Matériau phare de cette opération expérimentale, le bois disparaît totalement de l’objet fini. Le doublage en plaques de plâtre l’efface à l’intérieur des logements, au sol pour des raisons acoustiques, et sur les murs à la demande du bailleur, qui souhaitait un revêtement pouvant supporter les multiples rénovations survenant à chaque rotation d’occupants. Les façades reçoivent un parement métallique, des cassettes lisses sur rue, et des panneaux à ondes fines, résistant aux chocs, côté cour. La volonté de trouver un matériau s’accordant au contexte minéral de la rue l’a emporté, autant que les réserves des architectes et maîtres d’ouvrage sur les bardages en bois. Dernière exception au tout bois, l’escalier, réalisé en béton préfabriqué et construit marche par marche, « une nécessité du point de vue incendie, souligne Jean-Thibaut Bernard. Le béton s’imposait, mais il paraissait compliquer de descendre un escalier préfabriqué d’un seul tenant dans un noyau en bois étroit et fragile ». Même dans les chantiers emblématiques, la mixité s’impose et demande de nouvelles méthodes pour sa mise en œuvre.


TOITURE

Murs inclinaison 76° : 95 mm, 5 plis

Dalles combles : 140 mm, 5 plis

Murs intérieurs : 95 mm, 5 plis (édicule, arbalétrier 120/240)

Pannes : 75/175

Chevrons : 60/80 et 60/120

 

PH R+5

Dalles combles : 140 mm, 5 plis

Poutre de rive sur rue (dalle suspendue) : 160/1000

 

MURS R+5

Murs extérieurs : 95 mm, 5 plis

Murs intérieurs : 128 mm, 5 plis

Poteau-poutre support plancher :

Poteau 200/360.

Poutre : 2 x 160/240

 

MURS R+1 R+2 R+3 R+4

Murs extérieurs : 95 mm, 5 plis

Murs intérieurs : 128 mm, 5 plis

Poteau-Poutre support plancher et balcon :

Poteaux BLC : 200/360 mm.

Ferrures de transfert de charge poteau à poteau

Poutres : 2 x 180/260 mm

Poutres rive : 180/260 mm

Poutre métal UPE 140 protégée Placoflam

 

PH R+1 R+2 R+3 R+4

Dalles planchers : 162 mm, 5 plis

(compris réservations CVSE)

Balcon béton

Verticaux + PH RDC

Béton armé + maçonnerie


[ Maître d’ouvrage : Plaine Commune Habitat, Bâtiplaine – Maîtrise d’œuvre : JTB architecture, Jean-Thibaut Bernard, Siham Laadjal chef de projet – BET TCE et économiste : EGSC – BET structure bois : ARPENTE – Entreprise bois : Tradicharpente et Batex ; UHE menuiseries extérieures – Programme : lot bois important pour la coque, plomberie, serrurerie, ascenseurs – Surfaces : shon : 936 m2 ; emprise bâtie : 190 m2 ; espace jardin, 166 m2 – Coût : 1,45 million d’euros HT – Calendrier : concours, 2010 ; livraison, janvier 2015 ]


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