N’est-il pas risqué de ne pas prendre de risques ?

Rédigé par Christine DESMOULINS
Publié le 02/11/2015

Dossier réalisé par Christine DESMOULINS
Dossier publié dans le d'A n°240


Si on les réduit au rôle de BIM managers, les architectes encourent aussi ce risque d’ubérisation. Trouver des solutions inventives sur des programmes ou encore avec des produits ad hoc en les validant avec des techniciens est pourtant un fondement de la pratique de leur métier et, dans ce domaine, le talent ne se mesure naturellement jamais à la taille d’une structure. Le praticien doit agir au-delà des simples standards d’enquêtes de satisfaction sans pour autant entraîner clients et usagers dans des risques liés à une expérimentation mal maîtrisée. Au service d’un maître d’ouvrage, une agence d’architecture doit s’attacher à préserver sa valeur de laboratoire tout en confortant sa viabilité. Peut-on cependant adapter la position des architectes à celles des start-up de l’économie numérique telles qu’elles sont évoquées par d’Alexandre Dana, jeune entrepreneur de start-up ? « L’essence d’une start-up est de tester en permanence de nombreuses hypothèses et expérimentations, quitte à se tromper, et avec l’obligation de se financer le temps de trouver son modèle économique. Cela repose sur de très grandes prises de risques, mais c’est un terreau adéquat pour innover, c’est-à-dire chercher à créer de nouveaux modèles et de nouveaux services apportant des changements sur un marché. Une innovation se distingue d’une invention par le fait qu’elle trouve sa place dans le marché et apporte des avantages compétitifs. La culture de l’innovation et des start-up consiste véritablement à faire la différence entre toutes les choses qui ont l’air nouvelles et laissent penser que de nouveaux usages pourraient éventuellement se développer, et les vraies innovations qui permettent de faire la différence sur un marché en répondant à de vrais besoins. Quitte à être relayées par un lobbying destiné à faire évoluer les cadres juridiques et prescriptifs. Cela peut mettre sur le carreau des entreprises qui ne maîtriseraient pas cette technologie et cela peut empêcher à des innovations potentielles mal relayées de passer le cap. » 

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