C’est pas Versailles, ici !

Rédigé par Stéphane BERTHIER
Publié le 03/07/2024

Publicité des années 1970 vantant les vertus du confort moderne qu’apportaient les équipements techniques de chauffage

Dossier réalisé par Stéphane BERTHIER
Dossier publié dans le d'A n°318

Le confort thermique moderne dans lequel nous baignons au quotidien entre 20 et 22 °C n’est peut-être pas tant une nécessité physiologique qu’une construction culturelle. Il repose sur l’hypothèse que notre bien-être est satisfait lorsque nous n’avons ni chaud ni froid. Cette norme de la neutralité sensorielle née avec l’abondance énergétique du XXe siècle gouverne encore la conception de nos bâtiments, malgré la crise climatique.

Nous déployons désormais des trésors d’ingénierie verte pour concevoir des édifices sobres et décarbonés dont le but est de préserver ce confort hérité de la modernité, au prix d’une nouvelle sophistication constructive que nous ne maîtrisons qu’avec difficulté, et dont nous ne sommes pas encore certains de la complète efficacité.

D’une manière générale, le confort est le parent pauvre de la théorie de l’architecture. La suprématie de l’œil qui régit notre discipline a généré pléthore d’écrits sur l’architectonique, la composition, la spatialité ou l’esthétique, mais ce que nous appelions hier les « ambiances » n’intéresse pas beaucoup en comparaison. Les architectes ont longtemps pensé qu’elles étaient une affaire de tuyaux qu’il était préférable de cacher dans les faux plafonds.

Notre confort thermique contemporain repose sur des équipements techniques alimentés par une énergie bon marché, qui peuvent chauffer et refroidir tout le volume d’air d’une construction, de manière précise et homogène, tout en maîtrisant son hygrométrie. L’émergence, au début du siècle dernier, de cette nouvelle opportunité n’avait pas échappé à Le Corbusier, qui l’a théorisée en 1929 sous les expressions de « l’air exact » ou la « respiration exacte ». Puis il l’a expérimenté une première fois, avec l’infortune du pionnier, lors de la conception de la Cité du Refuge de l’Armée du Salut, à Paris en 19331. Ce sixième point implicite de l’architecture moderniste fut nécessaire au 

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