Francis Kéré. Une nouvelle eau, une ancienne source

Rédigé par Ibai RIGBY
Publié le 19/10/2022

Dossier Kere

Dossier réalisé par Ibai RIGBY
Dossier publié dans le d'A n°302 C’est à un témoignage rare que nous ouvrons nos pages ce mois-ci, celui d’un architecte dont le parcours et l’expérience ont permis de découvrir l’arrière des décors du grand barnum médiatique de la scène architecturale internationale. Ibai Rigby a eu la chance d’être à l’origine de l’un des premiers bâtiments qui ont rendu célèbre l’architecte Diébédo Francis Kéré – le Centre de l’architecture en terre de Mopti au Mali – et de participer à son chantier, achevé en 2010. Alors que l’architecte burkinabé devenait le premier africain à être récompensé du prix Pritzker, faisant de lui la figure rédemptrice d’une architecture internationale qui dans les années 2000 s’était un peu perdue dans le spectaculaire, Ibai Rigby était sur le terrain. Il ne cache pas son admiration pour Kéré, mais sa connaissance de cette partie de l’Afrique et ce qu’il y a vécu l’ont conduit à mesurer la distance entre la vertueuse image d’Épinal que nous nous faisons de cette nouvelle génération d’architectes plus engagés sur les questions sociales et climatiques et les possibilités qui leur sont réellement offertes sur place en termes de commande et de mise en œuvre. E.C.

Ex Africa semper Aliquid Novi


Je n’ai pas été particulièrement surpris lorsque le prix Pritzker d’architecture a annoncé son dernier lauréat. Après tout, le prétendu prix Nobel de l’architecture a l’habitude d’alterner entre les chouchous des médias de renommée mondiale, comme Philip Johnson ou Rem Koolhaas, et des personnages plus régionaux, comme Glenn Murcutt ou Sverre Fehn. Les candidats africains qui pourraient avoir mérité le prix au cours de ses quarantetrois ans d’existence n’ont pas manqué. L’influence de l’architecte égyptien Hassan Fathy (1900-1989) sur les démarches alternatives contemporaines n’a pas encore été pleinement reconnue, et David Adjaye a été finaliste à plusieurs reprises. Après la Grande Récession de 2008, le monde architectural s’est efforcé de racheter ses excès. On pourrait interpréter l’exposition d’Andres Lepik au MoMA en 2010, « Small Scale, Big Change : New Architectures of Social Engagement », qui mettait l’accent sur les projets destinés aux communautés défavorisées, comme une tentative de rédemption. Il est fort probable que les futurs jurys Pritzker choisissent des candidats parmi ceux qui ont participé à cette exposition. Sur les douze architectes présentés dans l’exposition, trois ont déjà été sélectionnés, dont le lauréat de cette année, Diébédo Francis Kéré. lE rEgArd tourné vErs lE sud Ce n’est pas la première fois que des architectes occidentaux tournent leur regard vers l’Afrique en temps de crise. Le critique britannique Reyner Banham (1922- 1988), par exemple, estimait que les architectes ignoraient le progrès technologique effréné de son époque. En guise de provocation, son livre The Architecture of the WellTempered Environment (1969) imaginait une gestion de l’environnement remplaçant le besoin humain d’abri et s’inspirait des constructions africaines. Pour un public habitué aux images de l’exposition « The Family of Man » (1955) d’Edward Steichen et de l’ouvrage Architecture Without Architects (1964) de Bernard Rudofsky, les exemples « d’une architecture autre » étaient nombreux. « Les sociétés qui ne construisent pas de structures substantielles, écrit Banham, regroupent leurs activités autour d’un ...(

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