L’hybridation doit aussi se faire à l’échelle du territoire. Entretien avec Youssef Tohme (7/7)

Rédigé par Karine DANA
Publié le 28/04/2022

Plan guide pour la transformation de l’ancienne friche industrielle Brazza à Bordeaux

Dossier réalisé par Karine DANA
Dossier publié dans le d'A n°298

L’approche de la ville et les politiques urbaines sont directement liées aux modes d’engendrement du bâti, et donc aux manières de construire. Urbaniste du quartier Brazza à Bordeaux, Youssef Tohme revient sur ses intentions urbaines à faible impact qui, dix années plus tôt, peinaient à se faire entendre.

D’a : En 2012, vous avez été nommé urbaniste pour requalifier la friche industrielle de brazza située sur la rive droite de bordeaux. À l’époque, vous avez eu l’intuition d’un urbanisme évolutif et à faible impact. Comment analysez- vous ce projet aujourd’hui ? 

Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet de requalification urbaine, notre objectif était d’initier de nouveaux modes de production de la ville et du logement à l’échelle des 53 hectares du site. Nous avons donc mis à l’œuvre plusieurs raisonnements : l’indépendance du couple enveloppe/programme, afin d’offrir le plus de flexibilité et d’adaptabilité possible, un impact au sol minimum avec des bâtiments sur pilotis, le recours à de la terre végétale et à des plantations pour constituer l’espace public et les sols entre les bâtiments, la création d’une offre de logements très variée en mettant notamment sur le marché une masse critique d’habitats évolutifs – des « volumes capables » qui échappent aux standards et permettent aux habitants d’augmenter leur surface de vie librement –, la possibilité de construire avec des ressources et des artisans locaux, le maintien des activités industrielles existantes. Enfin, nous avons essayé de mener une réflexion sur les systèmes constructifs, là encore à l’échelle de tout le site. Par la combinaison de toutes ces intentions, nous avons en effet posé les bases d’un urbanisme « bas carbone ». À cette époque, les tenants du système de fabrication de la ville – promoteurs, industriels et entreprises – n’étaient pas prêts à autant de ruptures avec le mode d’engendrement couramment mis en œuvre, même si la ville soutenait notre projet. (...)

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