Jean-Luc Pérez de l’Atelier du Prado : dans les méandres du cadre réglementaire

Rédigé par Christine DESMOULINS
Publié le 02/11/2015

Dossier réalisé par Christine DESMOULINS
Dossier publié dans le d'A n°240


« Si l’on en vient à la réalité de notre travail quotidien d’architecte, on constate que l’innovation doit être portée par l’ensemble de la filière constructive, depuis la conception par l’architecte jusqu’à la validation du bureau de contrôle en passant par les prérogatives du CSTB qui sont souvent des freins, mais conditionnent l’assurance du bâtiment. » « Sur le terrain, l’architecte doit composer avec ces contraintes. Les études complémentaires qu’elles entraînent ne portent pas toujours sur les aspects les plus complexes d’un chantier. Le temps d’un projet et celui des évolutions réglementaires étant différents, l’architecte, en tant que sachant, peut se trouver pris dans une alternance entre deux réglementations. À l’hôpital de la Conception de Marseille, j’ai réalisé le bâtiment dermatologique du pôle Peau en surélévation d’un édifice existant, ce qui m’a conduit à faire passer des poteaux au travers du bâtiment ancien. J’avais une mission d’exécution complète pour dimensionner les structures et l’opération, qui, bien que relativement complexe, n’a pas posé de difficulté. La nécessité d’une ATEx imposée par le bureau de contrôle est arrivée là où je ne l’attendais pas, au moment d’utiliser le Promplan d’ArcelorMittal, un matériau isolant prévu par l’entreprise. Cet épisode montre à quel point un entre-temps réglementaire et législatif peut être pénalisant pour la maîtrise d’oeuvre et la maîtrise d’ouvrage en termes de surcroît d’études et, conséquemment, de délai de chantier. Ce matériau conforme avant le passage à la RT2005 était devenu impropre selon la nouvelle réglementation, par crainte d’un « point de rosée » entraînant une condensation. Nous avons donc proposé une isolation renforcée que la maîtrise d’ouvrage, le BET et l’entreprise jugeaient d’autant plus convaincante qu’Arcelor attendait en parallèle de regagner son avis technique permettant d’utiliser à nouveau le produit en question. Le bureau de contrôle persistant à nous imposer l’ATEx, nous avons été contraints d’étudier avec l’entreprise l’écart entre les règles thermiques et le matériau. Le dossier de première phase d’ATEx a été validé par le CSTB mais l’entreprise a renoncé à poursuivre pour s’épargner le coût d’un dépôt de 10000 euros. « Convaincu par les résolutions que nous avions proposées et à l’écoute de la maîtrise d’oeuvre, le maître d’ouvrage a heureusement accepté d’assumer la solution mise en oeuvre en prenant la responsabilité en cas de sinistre. » 

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