La Belgique n’est pas frileuse : SlowHeat, un programme de recherche pour chauffer mieux les corps et moins les espaces

Rédigé par Stéphane BERTHIER
Publié le 03/07/2024

Schéma de chauffage de l’espace par convection © SlowHeat

Dossier réalisé par Stéphane BERTHIER
Dossier publié dans le d'A n°318

SlowHeat1 est un programme de recherche-action qui s’est déroulé à Bruxelles entre 2020 et 2023. Son objectif était de démontrer qu’il est possible de passer l’hiver en chauffant nos corps plutôt que nos espaces. Soulignant l’absurdité de maintenir à une température constante et élevée les centaines de mètres cubes d’air d’un appartement pour réchauffer nos 50 à 90 kg de chair et d’os, l’expérimentation entendait faire la preuve que le confort est une construction sociale et culturelle susceptible d’être transformée au bénéfice d’une plus grande sobriété énergétique.

Initiée par le laboratoire « Architecture et Climat » de l’Université catholique de Louvain (UCL), cette expérience de la décroissance du confort thermique était fondée sur l’hypothèse partagée par de nombreux spécialistes de l’énergie selon laquelle nos modes de chauffage par l’espace ne seront bientôt plus soutenables en raison de la raréfaction des ressources fossiles. La crise énergétique liée à la guerre en Ukraine a malheureusement apporté en 2022 la première preuve de cette projection. Si les tarifs de l’énergie ont baissé depuis cette période critique, il n’en demeure pas moins que nous avons tous pris conscience de l’extrême fragilité de nos modèles d’approvisionnement, à la merci des crises géopolitiques.

 

Pour que le confort thermique redevienne une pratique

Le confort thermique contemporain provoque un phénomène d’accoutumance : un peu chaque jour, et chaque jour un peu plus. Les standards thermiques du XIXe siècle qui perdurèrent jusqu’au début du XXe siècle considéraient comme normale une température de 15 °C dans le séjour, voire 12 °C dans les chambres. La généralisation du chauffage central, couplé à l’énergie bon marché, fit monter ces températures à 20 °C dans les années 1960. Le choc pétrolier de 1973 créa une première prise de conscience et, en France, un décret de 1974 tenta de fixer, sans grand succès, une température de consigne de 19 °C pour réduire les 

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