La nouvelle mécanique du VIA

Rédigé par Karine DANA
Publié le 01/10/2015

Showroom VIA

Article paru dans le d'A n°239


L’ouverture de son espace d’exposition, son changement de direction ainsi que son regroupement avec toute la filière de l’ameublement donne l’occasion d’une mise au point utile sur les actions du VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement). Nous avons interrogé son nouveau directeur, Jean-Paul Bath, qui nous permet d’approcher ce qui fait tendance dans l’ameublement français contemporain tant du point de vue des produits que de la chaîne de production.  


DA : Quels sont les enjeux du redéploiement du monde de l’ameublement en France ? 

 

Jean-Paul Bath : Nous sommes aujourd’hui installés dans un nouveau siège social qui réunit toute la filière de l’ameublement français : le FCBA (outil technologique pour les filières forêt, bois, construction et ameublement), l’UNIFA (Union nationale des industries françaises de l’ameublement), le GIL (Groupement des industries du luminaire) et enfin l’ADIV (Association pour le développement des immeubles à vivre en bois). Le VIA, qui a plus que jamais vocation à faire le lien entre créateurs et industriels, se trouve ainsi regroupé avec toute la chaîne de valeur de la profession. Cette réorganisation a été impulsée par mon prédécesseur, Gérard Laizé. Innover ne signifie pas seulement réfléchir à un nouveau produit mais à toute la chaîne d’innovation dans le processus de production (conception, fabrication, distribution, communication). Nous proposons des formations à ce sujet afin d’aider les entreprises dans leur processus d’innovation. Parallèlement, nous faisons un travail de présence dans les écoles afin de présenter les actions du VIA et la profession de l’ameublement, et afin de sensibiliser les générations de jeunes designers aux problématiques de la création dans l’ameublement. 

 

DA : Le programme culte de la Carte Blanche va-t-il évoluer ? 

 

J-P B : Nous recevons toujours plus de demandes, des centaines de dossiers par an,de la part de jeunes designers qui proposent des projets pour nos Cartes Blanches, que nous autofinançons et présentons sur le salon Maison&Objet. Ces rendez-vous constituent bien sûr un vrai tremplin pour les designers qui bénéficient des études et réflexions menées par le VIA comme de notre accompagnement tout au long du processus d’élaboration de leur projet. Dans cette continuité, nous voulons aujourd’hui davantage encadrer ce programme des Cartes Blanches par des cahiers des charges. Nous voulons encourager les designers à intégrer les nouvelles possibilités technologiques, les problématiques liées à la production, mais aussi à tenir compte de données sociologiques et de l’évolution des usages comme de la demande du public. Un nouvel espace – situé au premier étage de notre siège – est du reste dédié à la rencontre et à la recherche. Il a pour vocation d’accueillir designers, ingénieurs, fabricants ou encore étudiants issus d’écoles de commerce, lesquels sont invités à consulter des données sectorielles sur la concurrence internationale et les tendances. Ces ressources pour les créateurs, auparavant inaccessibles faute de lieu, sont partagées par le FCBA, qui possède sa propre Innovathèque. Nous travaillons donc aujourd’hui sur l’accessibilité de nos informations. À plus long terme, nous voudrions opérer des passerelles avec l’usine IO, un atelier de prototypage hardware/Fablab de 1500 m2 situé près de la BNF à Paris. 

 

DA : Sur quoi repose l’exposition « LABELS VIA » 2015 ? 

 

J-P B : À l’occasion de la Paris Design Week et du salon Maison&Objet, le VIA inaugure sa nouvelle galerie avec l’exposition « LABELS VIA » 2015, des projets déjà développés en série et commercialisés pour la plupart. Nous les avons sélectionnés selon les critères suivants : l’origine de la fabrication – française –, l’intérêt qu’ils présentent en termes d’innovation, de recherche sur les matériaux et de technologie, et leur innovation en termes d’usages. Les maisons d’édition en jeu sont de portées très variables : du projet autoédité convoquant un seul fabricant et designer à des projets déjà engagés dans la production industrielle, impliquant plusieurs fabricants. Ainsi, nous pouvons citer le canapé Duffle pour la maison Bosc, emblématique d’un renouveau dans les maisons d’édition françaises. À l’instar de Bosc, Alki, Sokoa ou Petite Friture, de nouvelles maisons sont en train d’émerger. Nous comptons les mettre en avant. Celles-ci développent un travail intéressant avec de bons designers. C’est un constat encourageant car les éditeurs français souffrent d’un problème de reconnaissance de marque, surtout à l’international. Ainsi, nous présentons des projets aussi divers que le cheval d’arçons dessiné par Philippe Nigro pour Hermès ; la réédition de la table Bistro par Jean-Louis Iratzoki pour Retegui, avec plateau de marbre et structure en résille aluminium ; la collection Échasse signée par Jean-Marc Gady – coiffeuse, bibliothèque et siège – regroupant plusieurs fabricants de métiers différents, un exemple de projet complet facile à exporter ; la chaise Tolix revisitée par Patrick Norguet, ici en version piétement bois ; une chaise très enveloppante en bioplastique pour Alki ; un lit mobile pour Ligne Roset dessiné par Sandra Planchez ou encore un projet de bibliothèque de Pierre Paulin qui n’avait encore jamais été édité. Par ailleurs, le VIA agit en tant que prescripteur et conseil. Nous venons de livrer le mobilier du tout nouveau lycée international sur l’île de Nantes avec la designer Bina Baitel.

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