Lot 07 – ChartierDalix et Brenac&Gonzalez&Assosiés

Rédigé par les architectes
Publié le 01/12/2017

L’édifice s’inscrit dans le renouvellement extrêmement dynamique du quartier Clichy-Batignolles, caractérisé en partie par la couverture du réseau ferré menant à la gare St Lazare.

Dans ce quartier desservi par une nouvelle ligne de trans­port, la mixité des programmes et des services (Cité judi­ciaire, parc, écoles, cinémas, bureaux et logements) offre au lot O7 un environnement de qualité.

 

Positionné en bordure du faisceau ferroviaire sur la dalle couvrant une partie des voies de remisage, le site est pris entre l’ouverture vers le grand paysage et une nouvelle artère urbaine bientôt densément bâtie.

 

Le bâtiment est envisagé comme un corps tellurique, qui répond aux lignes de forces du site en rayonnant dans toutes les directions avec une intensité adressée.

Constitué d’un plan « en ruban », il offre aux rails, à la rue et au parc une façade ouverte en réponse à ce contexte. Ainsi, à la manière du ruban de Möbius, les espaces ex­térieurs et intérieurs s’entremêlent sur toutes les faces du bâtiment, offrant une fluidité d’usage et une continuité visuelle depuis les extérieurs, du rez-de-chaussée jusqu’à la toiture.

Toutes les façades sont conçues avec le même soin, leur continuité est à l’image d’une peau: continue, homogène et sans rupture.

Cette succession de rubans se déploie sur l’ensemble de l’édifice, accentuant ses lignes horizontales comme une sédimentation.

A chaque étage, les niveaux se détachent les uns des autres par superpositions et décalages: leurs inflexions conduisent à une stratification qui accueille naturellement une succession de terrasses tout en évitant les vis à vis importants.

Chaque plateau de bureau peut ainsi bénéficier de vues vers le lointain et d’espaces extérieurs comme autant de respirations au cœur des aménagements intérieurs.

 

Des accidents morphologiques rythment l’édifice et per­turbent sa linéarité. Ces mouvements définissent dans un rapport plein-vide, la relation du bâtiment à son territoire, son attachement au sol, sa masse. Le caractère tellu­rique de l’édifice s’apprécie ainsi différemment selon deux points de vue:

Celui de la rue dense, urbaine, minérale. De ce côté, le bâtiment s’abaisse progressivement vers l’espace public et vient chercher le riverain avec des terrasses ouvertes. Ce sont ces terrasses successives qui s’ouvrent vers les ilots voisins et répondent aux percées visuelles sur le parc Martin Luther King.

Celui des voies ferrées à la topographie très affirmée. Le bâtiment émerge à l’aplomb du vide créé par le faisceau des voies comme une couche sédimentaire accumulée au-dessus d’un espace creusé. Le paysage accidenté, le relief, les profondeurs et les vastes espaces vides de cette géographie urbaine très particulière, inspirent les varia­tions volumétriques du bâtiment.

On ne travaille pas au bord des voies comme on travail­lerait ailleurs. La mise en scène du grand paysage per­met d’offrir un rapport au vide qui devient une expérience kinesthésique. L’utilisateur profite du lieu dans son quoti­dien, il transforme ses habitudes de travail dans une rela­tion intérieure – extérieure, favorisée par les connexions horizontales et verticales.

 

Une peau changeante

Les façades sont composées d’une alternance de lignes horizontales, formées par les bandes vitrées et par les bandes pleines que sont les allèges. Ces rubans varient en fonction de la hauteur: les parties basses, déficitaires en lumière ont des ouvertures toute hauteur sur les balcons, tandis que les étages hauts naturellement plus lumineux possèdent une allège réduite offrant une vue panoramique sur la ville.

L’ensemble de l’édifice, conçu avec ce système, est habillé de terre cuite émaillée. Ce matériau fait référence aux bâtiments industriels qui jalonnent les réseaux ferrés. Appliqué sur toutes les façades, cette peau devient vivante et son expression changeante selon les directions des façades et au gré de la lumière et du ciel.

Ainsi recouvert, le bâtiment se lit comme un paysage dont les lignes de niveau se déforment sous l’effet d’une tectonique intérieure. Les modules ont été réalisés sur mesure: l’effet aléatoire est obtenu par 3 moules différents disposés selon un algorithme spécialement créé pour le projet.

La nature de l’émail, son relief à rainurage vertical et les angles du profilé produisent une teinte en perpétuel changement qui rappelle l’œuvre de Soulages.

 

L’édifice s’ouvre généreusement sur la ville. La transpa­rence du hall d’entrée sur deux niveaux permet à chacun de profiter de l’incroyable géographie du site. Ce hall, conçu à l’échelle du bâtiment offre une respiration pour l’espace public en orientant le panorama vers le faisceau des voies sur laquelle la terrasse est en belvédère.

L’aménagement du hall utilise des matériaux simples. La pierre de Vals calepinée dans sa longueur recouvre le sol ainsi que l’intérieur de l’escalier comme une doublure. La structure métallique composée de poteaux offre un es­pace spectaculaire de 8 mètres de haut. Ces éléments métalliques en forme de croix confèrent une finesse et une dynamique à la structure. Le travail de piètement des poteaux fait disparaitre les boites à ressorts. Les élé­ments techniques disparaissent sous les surfaces aux matériaux continus.

 

Fluidité d’usage

Une réflexion sur la domesticité des espaces de travail nous conduit à concevoir un parcours alternatif favorisant convivialité et usages plus spontanés. Ainsi, les espaces extérieurs et intérieurs s’entremêlent sur toutes les faces du bâtiment, offrant une fluidité d’usage et une continuité visuelle depuis les extérieurs du rez-de-chaussée jusqu’à la toiture, où un paysage suspendu accueille des espaces de travail d’une nouvelle nature.

Un système de fenêtre-bandeau à chaque niveau du bâtiment augmente l’apport de lumière naturelle qui est ici supérieur à la moyenne quelles que soient les expositions (de 43% dans les étages hauts à 93% en bas). Pour un confort optimum en offrant un vrai contact avec l’extérieur, une fenêtre sur deux s’ouvre permettant aussi le désenfumage naturel. Par ailleurs, toutes les façades exposées au rayonnement solaire sont munies de stores extérieurs à lames, reliés à la GTB.

L’absence de climatisation dans le bâtiment est compensée par la réalisation d’une dalle thermique laissée apparente (juste vernie) dans les bureaux. Les calories absorbées la journée sont ainsi évacuées vers l’extérieur, en période d’inoccupation, via de l’eau rafraîchie par dry-coolers adiabatiques.

En hiver, ce système participe largement au traitement thermique en fournissant une base de chauffage par circulation d’eau à température autour de 27°C. Le confort de l’utilisateur est ajusté par des plinthes chauffantes à convection naturelle implantées toutes les deux trames.

Ce système ne génère pas d’énergie de ventilation.

La distribution des réseaux techniques s’effectue par le faux-plancher afin de maximiser les échanges béton/ volume traité en été et donc de profiter au maximum de l’inertie de la structure.

Ce choix de concept énergétique repose notamment sur la qualité des échanges thermiques eau tempérée/béton supérieure à celle d’échanges air / béton. De plus, la possibilité de vaporiser de l’eau lors des nuits chaudes sur les batteries des dry-coolers adiabatiques permet de continuer à utiliser ce système y compris lors de ces périodes de l’année plus délicates.

Pour compléter ce dispositif, des brasseurs d’air ont été réalisés sur mesure pour l’opération; ce travail a permis d’augmenter leur performance thermique, de réduire le bruit de fonctionnement, tout en affinant leur esthétique.

En sous face des dalles béton, des dalle acoustiques sur mesure permettent d’aménager les bureaux selon une trame standard. Les faux planchers assurent le passage régulier des éléments techniques pour le bon fonctionnement des bureaux laissant une hauteur libre sous plafond de 3 mètres sous dalle.

Les espaces de travail sont donc le résultat d’une alliance esthétique qui combine des ambitions thermiques, lumineuses, acoustiques, tout en permettant une découpe standard des plateaux.



Fiche technique

 

Nom projet : Lot 07

Adresse : ZAC Clichy-Batignolles

Programme : bureaux

Superficie : 24 200 m2 dont 1150 m2 de commerces

Concours : 2013

Livraison : 2017

Coût : 51 M d’euros HT

Certification : HQE, RT 2012 – 10%, Breeam, Plan climat Paris

 

Maitrise d’ouvrage : Emerige (promoteur). BNP Paribas (investisseur)

Architecte : ChartierDalix architectes (mandataire). Brénac & Gonzalez & Associés

BET Fluides : Barbanel

BET Structure : Khephren

BET Hqe : Alto Ingénierie

BET Façades : Ceef

BET Economie : Dal

Paysagiste : Olm

Acoustique : Acoustique & Conseil

Restauration : Ceres/Hacs Restauration

Décoration : Builders&Partners

Bureau de contrôle : Qualiconsult

Coordinateur SPS : Qualiconsult

 

-<br/> Crédit photo : Shimmura Takuji -<br/> Crédit photo : Shimmura Takuji -<br/> Crédit photo : GRAZIA Sergio -<br/> Crédit photo : TUCHILA Stefan -<br/> Crédit photo : Shimmura Takuji -<br/> Crédit photo : TUCHILA Stefan -<br/> Crédit photo : TUCHILA Stefan -<br/> Crédit photo : TUCHILA Stefan -<br/> Crédit photo : GRAZIA Sergio -<br/> Crédit photo : TUCHILA Stefan -<br/> Crédit photo : TUCHILA Stefan -<br/> Crédit photo : Shimmura Takuji Plan masse Plan RDC R+1 R+2 R+3 R+4 R+5 R+6 R+7 Coupes

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