Maison-hameau à Quiberon - Atelier Raum

Rédigé par NICOLAS BISENSANG, JULIA TOURNAIRE, BENJAMIN AUBRY, ERWAN BONDUELLE
Publié le 25/08/2020

Maison-hameau à Quiberon - Atelier Raum

Dossier réalisé par NICOLAS BISENSANG, JULIA TOURNAIRE, BENJAMIN AUBRY, ERWAN BONDUELLE
Dossier publié dans le d'A n°283

Architectes : Atelier Raum

Programme : deux maisons T3 et deux studios à louer

Type de MOA : investissement locatif

Matériaux : enduit à la chaux blanche, baies aluminium, bois lasuré blanc, toiture végétalisée

Surface SDP : 210 m2

Coût de construction : 320 000 euros HT

Livraison : 2013

À deux pas de la Grande Plage et du casino de Quiberon, cette maison-hameau interpelle dans le paysage des constructions alentour qui, prises dans leur ensemble, donnent l’image d’un régionalisme rassurant avec leurs murs pignon-cheminée, leurs pierres rustiques et leurs toitures d’ardoise archétypale à 45 degrés. Malgré la présence de petits collectifs des années 1960, l’observateur vient alors à se demander s’il s’agit d’une ou de plusieurs maisons et, surtout, comment cette construction aux volumes couverts de toitures presque plates et sans ardoise a-t-elle pu voir le jour ?

Une première partie de la réponse repose dans la destination de l’opération. Cette parcelle vierge avait été achetée par un couple d’agriculteurs de l’intérieur des terres en vue d’y faire un investissement locatif, source de revenus complémentaires une fois la retraite arrivée. Ainsi d’abord soucieux de la programmation plutôt que de l’effet produit par le bâtiment, les commanditaires prévoyaient la construction de deux maisons à louer. Cependant le programme a été reformulé de façon séduisante par l’agence nantaise Raum sous la forme d’un « puzzle locatif » pouvant accueillir plus de dix personnes. La promesse était alors de composer un ensemble de deux maisons T3 et de deux studios adjacents, le tout assemblé dans l’esprit d’un hameau traditionnel de la presqu’île avec des venelles intérieures, des espaces communs extérieurs et des accès indépendants, offrant ainsi des combinaisons ouvertes de co-habitations.

La seconde partie de la réponse repose dans l’intelligence de travail sous contraintes des architectes, déjà familiers de l’exercice d’architecture contemporaine en site patrimonial. En effet, pour pouvoir déroger aux règles esthétiques et proposer une nouvelle réponse d’architecture balnéaire, l’agence a pu, de manière paradoxale, s’appuyer sur de nouvelles normes, ici environnementales, selon lesquelles le traitement des eaux devait s’effectuer à la parcelle. Celles-ci ont ainsi permis une discussion fructueuse avec les services urbains qui ont accepté la mise en place de toitures végétalisées aux pentes bien différentes des 45 degrés normalement exigés. Enfin, l’article 8 du règlement urbain – qui fixe les distances entre les constructions sur un même terrain – a pu être contourné grâce à la mise en place de continuités construites telles que des terrasses couvertes et des balcons-coursives. Le tout a pu alors être présenté comme un seul logement dans le permis de construire. L’ensemble aux propriétés ambiguës propose ainsi un bel exemple d’interrogation des frontières entre logement individuel et logement collectif.

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