Maison à Indre - David Neau Architecte

Rédigé par NICOLAS BISENSANG, JULIA TOURNAIRE, BENJAMIN AUBRY, ERWAN BONDUELLE
Publié le 25/08/2020

Maison à Indre - David Neau Architecte

Dossier réalisé par NICOLAS BISENSANG, JULIA TOURNAIRE, BENJAMIN AUBRY, ERWAN BONDUELLE
Dossier publié dans le d'A n°283

Architecte : David Neau

Programme : maison individuelle T3 en R+1 avec garage simple

Type de MOA : privée

Surface SDP : 76,74 m2

Surface SHAB : 72,45 m2

Coût de construction : 121 368 euros HT (hors peinture, sol parquet, terrasses)

Coût de revient : 152 414 euros TTC (hors honoraires architecte, terrain et viabilisation)

Livraison : 2017

Au beau milieu d’un lotissement des années 1990, constitué principalement de maisons de plain-pied aux façades en crépi jaune et aux toitures en tuile, s’élève une surprenante maison, qui détonne par ses dimensions et sa façade en aluminium et bardage bois. Accolée entre deux pavillons sur un terrain de 4,60 m de large sur 32 m de profondeur, elle a été conçue par l’architecte David Neau pour son habitation principale. « On avait le souhait d’habiter à proximité de Nantes. Avec notre budget, nous étions plutôt en recherche d’un appartement. Puis l’occasion s’est présentée d’acheter ce terrain qui était en vente depuis plus de six mois et qui ne trouvait pas d’acheteur à cause de sa petite surface. J’ai tout de suite vu le potentiel, et l’emplacement, à moins de 15 minutes du centre-ville de Nantes, était idéal. » Issu d’une division parcellaire réalisée par l’ancien propriétaire du terrain, le site avait en effet de quoi surprendre, mais seul l’œil aiguisé d’un architecte pouvait en déceler ses atouts. En structure bois « pour gagner de la surface intérieure », d’une surface habitable de 72 m2, la maison offre une impression d’espace beaucoup plus grand que ne le laissait présager sa situation urbaine. Au point que la plupart des visiteurs sont d’ailleurs étonnés lorsqu’ils franchissent la porte.

Il n’a pas été facile de mener à bien l’opération, pourtant compatible avec le PLUm. Le maire s’est montré très sourcilleux sur le projet, en opposition avec l’architecture traditionnelle du coin, a-t-on dit à l’architecte. « Faux, a-t-il rétorqué, la maison traditionnelle de l’Indre est une maison mitoyenne, verticale, implantée sur des parcelles en lanière avec des jardins en second front… très éloignée du pavillon Phénix standardisé au milieu d’une parcelle carrée. »

Ces batailles, l’architecte en est plutôt familier. Habitué à la commande des particuliers, David Neau affirme devoir régulièrement se battre pour convaincre ses clients de l’intérêt de construire un peu moins certes, mais de meilleure qualité et surtout plus adapté à leur besoin réel. Pas toujours simple face à la concurrence féroce des constructeurs de maison individuelle, proposant des pavillons clés en main de 140 m2 à un prix défiant toute concurrence… et sans frais d’étude à avancer – loi de protection du consommateur oblige ! Dans cet environnement du « pavillon-produit », cette maison offre un point d’inattendu, une petite bouffée d’air frais. Elle vient surtout diversifier une offre de logement d’une homogénéité extrême, constituée uniquement de maisons familiales. Revendu aujourd’hui à un jeune couple sans enfants, le projet de David Neau contribue non seulement à son échelle à un renouvellement et une diversification sociale de ces quartiers, mais participe aussi à leur évolution en faisant la démonstration de l’importance d’un certain savoir-faire architectural et spatial.

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