Ornements et béton : Ando dévoile son projet pour la collection Pinault

Rédigé par Coraline BLAISE
Publié le 27/06/2017

Sketch de Tadao Ando pour le projet de la Bourse du Commerce © Tadao Ando. Collection Pinault – Paris.

La Bourse du Commerce de Paris, emblématique édifice circulaire face au Forum des Halles, entame une énième vie. La famille Pinault y projette une fondation d’art conçue par son architecte fétiche Tadao Ando qui fera dialoguer l'œuvre du XIXème avec son béton identitaire.

Après le projet avorté d’une fondation sur l’Ile Seguin de Boulogne-Billancourt en 2005, le duo Ando-Pinault marquera finalement bien le Grand Paris de son empreinte en 2019. Dans le cœur névralgique de la capitale, la Bourse du Commerce deviendra une fondation d’art contemporain accueillant la collection privée de l'homme d'affaires. Avec le groupe Bouygues, le Japonais Tadao Ando, accompagné de l’architecte en chef des monuments historiques Pierre-Antoine Gatier et de l’agence française NeM Architectes, s’apprête à investir cet édifice chargé d'histoire. « Dès que je suis entré dans le bâtiment, je savais que ça allait être compliqué. Je me demandais si les travaux n’allaient pas devoir durer 10 ans », ironise Ando.


Son intervention se situe dans la rotonde centrale, renforçant la notion d’épicentre de celle-ci à l'échelle du bâtiment, « du quartier voire même du monde » – en tout cas les Pinault l'ambitionnent ! Le Japonais y insère un tambour de béton afin de générer une circulation périphérique autour d’une salle d’exposition réservée aux œuvres de grande hauteur. De quoi renforcer l’ « expérience immersive » des visiteurs et centrer l’attention sur la coupole en fer et fonte, classée Monument Historique. L’anneau s’enfonce jusqu’au niveau du sous-sol pour délimiter un auditorium. Ce « dispositif unificateur » de 30 mètres de diamètre est doté de coursives et de passerelles en partie haute pour permettre la fluidité du parcours muséal. Du béton oui, mais pas que…


En 2016, la Fondation Pinault obtient de la ville de Paris, propriétaire des lieux, un bail emphytéotique pour 50 ans. L'ouvrage se doit donc d’être réversible : pas exactement ce que l’on attend du béton. Le voile correspondra en fait à un complexe de caissons métalliques intégrant fluides et système de ventilation, compris entre deux fines couches de béton. Dans les espaces périphériques, les trois niveaux existants sont réinvestis. Au total, 7700 m2, dont 3000 m2 d'exposition, seront accessibles au public.


Le coût du projet devrait s’élever à 108 millions d’euros. Toutefois, la Fondation Pinault assure qu’elle « ne profitera pas de l’avantage fiscal » alloué au statut de fondation d’entreprise, préférant bâtir le projet autour d’«un effort familial qui va engager deux générations ».


Outre les inévitables polémiques qu’il suscite, le projet fait sens à double titre : il est l’occasion de restaurer une entité patrimoniale de premier ordre et de compléter la dynamique urbaine engagée par la restructuration de la Samaritaine, de la Poste du Louvre ou encore du Forum des Halles, en contrepoint du Jardin Nelson Mandela en cours d’aménagement. La fondation veut être le fer de lance de l’art contemporain à Paris, comme elle l’est déjà à Venise avec la triade Palazzo Grassi-Punta della Dogana-Teatrino : trois projets signés… Ando.


Ouverture pour Paris prévue début 2019.

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