Paris d’un siècle à l’autre, 100 ans de transformations ordinaires

Rédigé par Guillemette MOREL-JOURNEL
Publié le 01/12/2022

Paris d’un siècle à l’autre, 100 ans de transformations ordinaires

Article paru dans d'A n°303

Paris d’un siècle à l’autre, 100 ans de transformations ordinaires, Michaël Darin, Parigramme, 20 x 28 cm, 176 p., 600 ill., 24 euros.


L’exercice de la photographie d’un lieu avant/après cent ans, plus radical que l’entreprise plus fine menée par la Datar (direction interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) depuis 1984 avec la Mission photographique, est toujours édifiant.


Celui présenté dans ce livre confronte une commande du Casier archéologique et artistique de Paris menée intra-muros entre 1916 et 1936 à un reportage effectué un siècle plus tard sur les mêmes lieux (ils sont plus de 80) et selon les mêmes points de vue. Selon les quartiers, il s’agit d’une sorte de jeu des sept erreurs, tant le tissu semble avoir été figé dans le temps (le cas est rare); le plus souvent, les choses ont bougé mais une trace du passé subsiste (un pignon apparent, des souches de cheminée, un immeuble voisin à la marge du cliché) ; parfois, l’observateur ne retrouve plus rien.


Le lecteur trouvera ainsi (p. 86) une vue du théâtre de l’Ambigu-Comique (sans la vespasienne saisie en avant-plan dans une célèbre photographie de Charles Marville), disparu pour laisser place à « un immeuble de bureaux affligeant de banalité brutaliste » : un outrage dénoncé par le fin observateur qu’est Jean-Christophe Bailly, dans son Paris quand même (voir p. 110 notre critique de ce livre, p. 60). La confrontation des deux photographies (en page de gauche) est complé- tée par des documents complémentaires (cartes anciennes, schémas, photos des entours, etc.), pour le meilleur et pour le pire : le meilleur, car ces pièces légendées de manière très didactique enrichissent considérablement le propos ; le pire, car leur trop grand nombre et une mise en pages chaotique les rendent peu lisibles.


Ce désordre graphique est d’autant plus regrettable que le propos est passionnant et original : loin des grandes opérations publiques, ce sont les situations ordinaires, banales, de la ville de tous les jours qui sont ici finement observées dans leurs « petits remplacements ».

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