Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ? - D'A n°233

Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ?
  1. La Fondation Venilia à Saint-Maclou (Eure), le nouveau musée de la célèbre marque de papier peint assorti à votre moquette.
  2. Avant-première Bâtimat 2015 : la première toiture préfabriquée en usine qui s’enroule pour être transportée déjà montée sur le chantier.
  3. Incroyable ! Pour une fois l’entreprise avait scrupuleusement respecté les plans de l’architecte, mais elle n’a pas pensé qu’il fallait quand même les dérouler !
  4. La dernière attraction du parc Astérix enfin inaugurée : le tapis volant d’Iznogoud.

Voici le nouveau musée du tapis de Bakou, rassemblant près de 15 000 pièces parmi les sept écoles de tapisserie azérie. L’Azerbaïdjan est un pays tellement démocratique que le fils de l’ancien président de la République peut succéder à son père et se faire élire avec plus de 88 % des voix. Dans cette ancienne colonie soviétique, indépendante depuis 1991, les revenus pétroliers autorisent désormais ses dirigeants à entreprendre d’ambitieux travaux architecturaux. Pour rendre hommage à son regretté père Heydar Aliyev (1923-2003), ancien dirigeant local du KGB devenu président de la République, son fils Ilham a ainsi commandé à Zaha Hadid un musée-mausolée. Elle lui a livré en 2013 un de ses plus imposants loukoums, le Heydar-Aliyev center, qui aurait été un parfait Quèsaco ? si l’architecte anglo-irakienne n’était provisoirement hors compétition pour avoir trop souvent eu cet honneur. Mais c’est à un architecte australien – « a world famous architect », nous apprend le site Azernews.com –, un certain Franz Janz, que le bien aimé président a confié la tâche de concevoir le nouveau musée national du tapis sur les berges de la mer Caspienne. Par cette silhouette en forme de tapis enroulé, l’architecte a tenté, nous dit-on, « de fusionner les styles européens et orientaux ». Visiblement un défi pour cet artiste des terres australes qui semblait pourtant bien décidé à ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Ajoutant à la collection des canards venturiens, il a donc imaginé ce bâtiment évoquant le mouvement ondulant du tapis volant. La presse d’opposition azérie – ou ce qu’il en reste – y a plutôt vu un journal roulé d’une main de fer, alors que pour les rares touristes, il évoque ces délicieuses petites galettes fourrées au kebab d’agneau, légitime fierté de la gastronomie locale. Pour nous, il ferait un parfait palais d’Iznogoud, ce grand vizir qui voulait être calife à la place du calife.

Emmanuel Caille

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