Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ? - D'A n°255

Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ?
  1. Sarlat, projet de Philippe Starck pour la maison de l’Oie, le centre d’information sur le foie gras.
  2. Wu Duk Zhou, un riche collectionneur chinois a racheté la sculpture de la flamme des JO de Pékin pour la dresser sur sa maison.
  3. Philadelphie, la fondation qui accueille la donation des archives des Venturi-Scott Brown est désormais accessible aux chercheurs.
  4. Hammersmith, à Londres, le musée Vidal Sassoon (inventeur du «lavé-séché») du sèche-cheveux, tout juste inauguré.

Réponse : la maison du vent, construite par l’architecte Moon Hoon (agence Moonbalsso) sur l’île de Jeju, au sud de la Corée.

Dans Learning from Las Vegas, Venturi, Scott Brown et Izenour opposaient deux types d’architecture : le hangar décoré et le canard (lorsque le bâtiment prend la forme de ce qu’il représente : un magasin de canard à la forme d’un canard…). L’architecte Moon Hoon, installé à Séoul, a surmonté cette opposition en imaginant cette maison mi-hangar, mi-canard pour cette villa de vacances sur une île balnéaire au sud de la Corée. Elle est surmontée d’une étrange tête émergeant du paysage comme un appeau de chasse flottant sur un étang. Moon Hoon dit avoir réutilisé une forme qu’il avait d’abord dessinée pour un musée du vent jamais réalisé. Il la définit lui-même comme la chevelure d’une femme qui se serait figée sous un vent glaçant et qui évoquerait « un alien, un sèche-cheveux, ou un canard ». Cette tête de canard sèche- cheveux abrite un salon (mais pas de coiffure) conçu comme un cocon. Il est accessible depuis un escalier en colimaçon placé dans le cou du palmipède et qui articule les deux parties de la maison. Moon Hoon s’est fait connaître avec des réalisations pour le moins atypiques (une Lollipop house, une maison avec des cornes de buffle…), il se passionne pour la science-fiction, la vitesse et les images érotiques. Le client, que l’architecte (qui sait de quoi il parle) qualifie d’« excentrique », n’est ni coiffeur ni éleveur mais ophtalmologue. « Si je crois que l’architecture est bien une chose extrêmement sérieuse, déclare l’architecte, nous ne sommes pas obligés de lui donner un visage solennel » : un plaidoyer pro domo en somme pour notre quèsaco.

E. C.

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