Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ? - D'A n°260

Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ?
  1. Un maintien irréprochable pour cette façade sans armature du Flagship Playtex cœur croisé, île de Sein.
  2. Séisme de Sendai, mars 2011 : désordres structurels au siège de la Manga Corp. Ltd.
  3. École de jonglerie consacrée à l’enseignement du diabolo grenadine, promenade des Anglets à Nice.
  4. Le temple de l’Artemis polymastia (multimamellaire), le projet d’Elon Musk dédié à la téléportation de cabriolets dans l’espace.

Amoureux de Paris et de la marque aux chevrons auront reconnu sans difficulté les plissés qui avaient remplacé la superbe vitrine des années 1930, où Traction Avant et DS avaient été exhibées avant que se substitue à l’éloge du cheval-vapeur un restaurant Hippopotamus, fermé en 2004. Citroën avait alors mis au concours un nouveau bâtiment d’exposition, remporté par Manuelle Gautrand. Et voici que Citroën ferme la boutique, après avoir vendu terrain et immeuble à un fonds d’investissement qatari. L’architecte a lancé un communiqué pour alerter sur l’avenir de son œuvre. Elle n’aurait pas compris que la marchandise, à laquelle elle s’était si manifestement pliée, n’a d’autre logique que l’obsolescence, ni que se soumettre à la mode ne garantissait en rien de rester indémodable. Au lieu de quoi l’auteur de ce qu’elle considère comme une œuvre muséale, argumentant de son triomphe ancien face à deux Pritzker et du dépôt des archives de son projet au Centre Pompidou et au musée des Monuments nationaux (sic), fait valoir le « terrible » coup porté à son « image professionnelle », et « l’indiscutable préjudice moral » qu’elle subit. Une vanité, dont elle ne semble pas dépourvue, rappelait, quand il s’agissait d’une peinture, que tout passe. L’oublier rend l’architecture périssable – surtout quand brûle le feu spéculatif. MG, qui reconnaît devoir sa notoriété à Citroën, dit cependant comprendre « le désarroi et la perplexité » de l’actuel propriétaire face à un bâtiment qui n’a plus de sens. De deux choses l’une, avec cette tribune : soit l’architecte lui offre ses services pour la suite, soit l’auteur s’apprête à faire valoir ses droits à lui réclamer un futur dédommagement. Dans les deux cas, le Qatari est pris pour une vache à lait et le chaland pour un gogo.

JPR

.

Réagissez à l’article en remplissant le champ ci-dessous :

Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
.

> L'Agenda

Juin 2019
 LunMarMerJeuVenSamDim
22     01 02
2303 04 05 06 07 08 09
2410 11 12 13 14 15 16
2517 18 19 20 21 22 23
2624 25 26 27 28 29 30

> Questions pro

PPP annulé pour les écoles marseillaises

Entre novembre 2018 et février 2019, la justice a donné raison par deux fois à des instances régionales et nationales de l’Ordre des…

Conception-réalisation : le conseil de l’Ordre des architectes des Pays de la Loire veille

En novembre dernier, statuant sur le non-respect des procédures de la commande publique, trois arrêts de la cour administrative d’appel de…

Transmettre ou ne pas transmettre son agence

En société ou libéral, quelles sont les questions qu’un architecte doit se poser en matière de transmission ? Daniel Seddiki, expert-comptable…