Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ? - D'A n°263

Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ?
  1. Clinique d’addictologie au saké à Hyōgo (Japon).
  2. Institut d’étude des traumatismes post-tsunami à Hitachi (Japon).
  3. École internationale de sinographie informatique à Nankin (Chine).

Réponse : Zhongshan Lu (antique voie impériale) à Hangzhou (Chine), Wang Shu (Amateur Architecture Studio), 2009.
« Il y a le paradis au ciel. Et sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou. » Chaoying, poète de la dynastie Yuan (1279-1368), chantait en ces termes la beauté de la capitale de l’empire des Song du Sud, entre les XIIe et XIIIe siècles. Elle abrite aujourd’hui le siège d’Alibaba, géant du commerce en ligne, et loge accessoirement depuis quelque trente ans le couple Lu Wenyu et Wang Shu, Pritzker 2012. Le progrès appelle l’éradication du monde ancien, on le savait en Chine depuis le président Mao comme on le découvre en France depuis peu. La ville ancienne de Hangzhou a ainsi été rasée, à l’exception de l’ancienne voie impériale, au cœur de la ville patrimoniale, vouée à la restauration et au tourisme par les autorités. Celles-ci ont confié ce programme à Amateur Architecture Studio. Wang Shu a transformé la commande en projet collectif, découpé la route en tronçons qu’il a confiés à plusieurs concepteurs, tout en se réservant le musée de l’histoire de la dynastie des Song du Sud. Celui-ci est conçu comme une capsule temporelle, enfermant avec différents éléments patrimoniaux la mémoire d’une grandeur révolue. Pareille hybridation du vieux monde, encadré et naturalisé, et du nouveau, exubérant, affranchi et éloquent, provoque un choc considéré comme salutaire ou aliénant selon que l’on se range d’un côté ou de l’autre de la fragile ligne qui les sépare. C’est ainsi qu’il faut lire cette proposition architecturale, qui superpose des pavillons annonciateurs de nouvelles et encore indéchiffrables écritures à un socle qui embaume les vieux corps architecturaux. Cette subtile rhétorique est cependant battue en brèche : il existe dans la banlieue de Hangzhou une réplique d’un quartier haussmannien parisien, tour Eiffel comprise. Elle s’appelle Tiandu Cheng, soit « la ville du ciel ». Les paradis sur terre, désormais, sont artificiels, n’en déplaise à Chaoying et au probable dam de Wang Shu.
JPR

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