Sous le signe du Verseau - Mons Memorial Museum - Pierre Hebbelinck & Pierre de Wit

Rédigé par Richard SCOFFIER
Publié le 11/12/2015

Le Mons Memorial Museum vient occuper la halle en brique de l’ancienne Machine à eau, la station de pompage qui alimentait la ville en eau potable jusqu’aux années 1960. Un bâtiment construit comme les autres grands équipements à la fin du XIXe siècle sur l’emplacement de l’ancienne enceinte hollandaise, qui procède ainsi lui-même de cette histoire mémorielle de Mons que le musée cherche à célébrer.




C’est cette ambiguïté – un édifice à la fois contenant et contenu – que les deux architectes de Liège ont su parfaitement exploiter en intégrant la halle à leur parcours muséal. Leur intervention étreint et traverse la construction existante de brique et de métal. Le public entre par la vaste façade vitrée de 1871 donnant sur le boulevard et pénètre dans l’ancien espace industriel désormais dominé par une banque d’accueil. Il traversera ensuite les salles obscures aménagées dans le nouveau bâtiment pour une plongée en apnée dans les deux derniers siècles d’histoire de la ville et le traumatisme des deux guerres mondiales. Des témoignages, des objets parfois insolites, des légendes – comme la très étonnante légende des anges de Mons qui seraient apparus aux soldats britanniques au début de la guerre de 14 – scandent ce parcours somnambulique à travers l’histoire réelle et fantasmée de la ville. Un parcours qui s’étend en rez-de-chaussée puis monte en amphithéâtre, revient en mezzanine, traverse en passerelle la grande halle et redescend sur terre de l’autre côté après une salle de projection qui fait office de sas de décompression. Le volume extérieur de l’aile nord, avec son oblique et son porteà- faux, retranscrit sans faux-semblants cette odyssée en trois dimensions dans la mémoire de la cité. 



GARGOUILLE 

En coeur d’îlot, les deux ailes parviennent à importer du contexte, de la continuité là où il n’y avait que du vide. Elles modifient le rapport entre l’architecture de brique et de métal de l’ancienne station de pompage et celle de béton et d’ardoise des locaux de la banque nationale qui se déploient au-delà d’un plan d’eau. Ces deux bâtiments, qui s’épiaient depuis des années – comme le parapluie et la machine à coudre des Chants de Maldoror –, semblent maintenant avoir quelque chose à partager. Une gargouille monumentale, seul effet sculptural de l’opération, attend de reverser l’eau pluviale recueillie par la toiture dans le bassin central. Une image forte qui exprime à la perfection cette architecture du retrait, toujours prête à donner plus qu’elle ne reçoit… 



MAÎTRE D’OUVRAGE : VILLE DE MONS

MAÎTRES D’OEUVRE : ATELIER D’ARCHITECTURE PIERRE HEBBELINCK ET PIERRE DE WIT

BE STABILITÉ : GREISCH

BE TECHNIQUES SPÉCIALES : PIERRE BERGER

SCÉNOGRAPHE ET SIGNALÉTIQUE :WINSTON SPRIET ETMARTIAL PREVERT

Multimédia : CHRISTIAN BARANI

HISTORIEN : JOSÉ GOTOVITCH

SHON : 2800 M2 –
COÛT : 8, 3 MILLIONS D’EUROS – LIVRAISON : 2014 

 <br/> Crédit photo : CAILLE Emmanuel face au plan d’eau, l’objet autrefois isolé s’inscrit dans un ensemble qui lui permet de dialoguer avec la construction voisine.<br/> Crédit photo : BRIX François  face au plan d’eau, l’objet autrefois isolé s’inscrit dans un ensemble qui lui permet de dialoguer avec la construction voisine.<br/> Crédit photo : BRIX François le volume de l’aile nord retranscrit littéralement le parcours des visiteurs qui monte dans l’amphithéâtre et se retourne pour traverser en mezzanine les salles du rez-de-chaussée.<br/> Crédit photo : BRIX François Détail de la façade sur le boulevard : pas de fenêtres, mais une niche pour intégrer la signalétique et un banc qui donne le ton : cette architecture ne s’affirme pas pour elle-même et reste au service de ses usagers.<br/> Crédit photo : BRIX François En haut, l’accueil et le restaurant en sous-sol qui s’ouvre sur le plan d’eau et dont on peut percevoir les tables et leurs bancs gigognes.<br/> Crédit photo : BRIX François Sous le porte-à-faux, les briques se débarrassent de leur enduit blanc pour pertinemment réapparaître et marquer l’échancrure.<br/> Crédit photo : BRIX François

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