TACT : L’hospitalité inconditionnelle

Rédigé par Maryse QUINTON
Publié le 18/10/2021

TACT

Article paru dans d'A n°293

Chez nombre d’architectes, convictions vacillantes et belles paroles se heurtent souvent à la réalité concrète – souvent violente – des conditions de production, surtout dans le logement. Chez TACT, il y a cette franchise qui raconte les succès mais aussi les ratés, une détermination et des valeurs auxquelles il n’est pas envisageable de déroger. Installés à Nantes, Maëlle Tessier, Matthieu Germond et Paul Chenneberg défendent une architecture à l’écoute de la réalité territoriale mais aussi humaine et culturelle, à travers des bâtiments pétris de petites attentions dont la somme façonne la qualité.

En guise de titre, nous avons choisi l’une de leurs réponses au questionnaire de d’a qui clôt traditionnellement cette rubrique « Parcours ». Parce qu’elle exprime le fil conducteur de la production de tact mais aussi le sentiment qui émane de chaque rencontre avec Maëlle Tessier, Matthieu Germond et Paul Chenneberg. Ils sont francs et directs, détaillent leurs réussites comme leurs échecs, toujours guidés par une détermination sans faille qui s’est imposée au fil du temps comme leur plus grande force. Sur la scène nantaise, tact s’est forgé une belle place et, pour l’heure, sans avoir dérogé à ses valeurs malgré l’effervescence constructive qui agite la sixième ville française. Essentiellement située dans le Grand Ouest, dans un périmètre restreint qu’ils connaissent bien, leur production concerne la commande publique à l’exception de quelques maisons particulières. Rien de surprenant au regard de leur ténacité à défendre ce en quoi ils croient : « Les conditions pour travailler correctement avec un promoteur privé n’ont pour l’heure jamais été réunies », confessent-ils. Doux euphémisme bien qu’ils n’en font pas une posture dogmatique. Si l’opportunité se présente un jour, ils ne pourront cependant capituler sur ce qu’ils estiment non négociable, le suivi de chantier par exemple. Mal de ce début de siècle, il n’est plus rare que la mission de l’architecte s’arrête au permis de construire. Une hérésie pour tact : « Le chantier est une étape décisive, un véritable lieu de fabrication où se discutent, se résolvent et parfois se transforment les éléments du projet. En être exclus nous semble impensable. » Loin d’eux l’idée de rejeter uniquement la faute sur les promoteurs : « En tant qu’architectes, nous sommes collectivement responsables de ce qui nous arrive », rappellent-ils.

 

Sur-engagement au quotidien

L’histoire de tact débute par une rencontre à l’École d’architecture de Nantes. Avant même que l’agence ne soit créée, Matthieu Germond (né en 1978), Maëlle Tessier (née en 1978) et Tangui Robert (né en 1977) créent le collectif Defacto, un espace de liberté créative, alors qu’ils travaillent tous trois comme chefs de projet dans des agences nantaises (InSitu, forma6 et Michel Roulleau, récemment disparu) où ils se construiront une solide expertise, notamment en matière de commande publique. En 2012, tact est officiellement créé par Matthieu Germond et Maëlle Tessier tandis que Tangui Robert, architecte mais aussi artiste, poursuit son chemin en électron libre. Il collabore néanmoins très régulièrement avec l’agence qui recourt à son talent d’illustrateur pour chacun de ses projets.

Comme dans de nombreux parcours, le démarrage de tact s’écrit au travers de rénovations d’appartements et d’aménagements intérieurs. En 2016, ils livrent un premier projet remarqué de six logements à Mauves-sur-Loire (voir d’a n° 243, avril 2016) à la faveur d’un maître d’ouvrage qui n’hésite pas à leur faire confiance. Située en cœur de bourg et réinterprétant de façon contemporaine les formes bâties traditionnelles, cette opération remarquée témoigne d’une approche très fine du contexte existant qui permet de concilier densification et intimité de chacun. Aménageur urbain de l’île de Nantes, la Samoa les marie ensuite avec tectone pour réaliser Zellige, un projet de 100 logements dont 15 en habitat participatif, qui fait aujourd’hui partie des lauréats de l’édition 2021 du Prix d’architectures 10+1. Entretemps, toujours avec le même soin, ils ont livré des équipements, des logements mais également des maisons particulières.

En 2017, Paul Chenneberg, rencontré chez forma6, a rejoint tact en tant que troisième associé. « Avec lui, c’était une évidence. Si l’agence ne porte pas nos noms, c’est entre autres pour ne rien figer. » Une agence où l’on travaille quatre jours par semaine afin de s’aérer la tête le cinquième : « Chacun prend ce jour libre quand il le souhaite et en fait ce qu’il veut. C’est une soupape car nous travaillons beaucoup. Pour l’esprit d’agence et son équilibre, c’est indispensable. Nous ne souhaitons pas rendre les gens serviles. » De même qu’il n’y a jamais plus d’un stagiaire, afin de pouvoir lui consacrer du temps et ainsi de véritablement le former.

tact est installée sur l’île de Nantes, au cœur de la ville contemporaine qui se fabrique sous leurs yeux, dans ses travers comme dans son énergie communicative. Ils ont investi une maison qui sied parfaitement avec l’état d’esprit qui émane de cette agence hybride, qui construit, réfléchit, écrit, enseigne (à l’ENSA Nantes pour Matthieu Germond et Maëlle Tessier). Pour baptiser leur agence, ils ont choisi le seul des cinq sens qui implique une réciprocité, celle qui prévaut aussi dans leur manière d’envisager leur pratique : « Pour produire une architecture de qualité, il faut que les conditions de travail soient également de qualité. Nous sommes fidèles à nos convictions, nous n’avons aucun projet caché ! » Conséquence de cette détermination ? « Une économie d’agence ténue et un sur-engagement au quotidien. »

 

Une architecture ancrée

Pour synthétiser leur vision, ils ont fait leur une citation d’Hannah Arendt : « La pensée naît d’événements de l’expérience vécue et elle doit leur demeurer liée comme aux seuls guides propres à l’orienter. » Être à l’écoute du territoire, de ce qu’il a à nous apprendre, du plus petit détail à l’essentiel, ne jamais rien négliger : c’est ainsi que l’agence tact aborde chaque projet, avant tout préoccupée par le désir que les gens s’y sentent bien. Empirique, leur approche se nourrit des expériences vécues de chacun, lesquelles forment un corpus sensible qui, pour tact, a au moins autant de valeur que les grands discours théoriques. « L’architecture n’est pas une abstraction, elle ne peut être détachée des lieux, des temporalités et des gens, elle est un tissage et fabrique une texture. Par aménité, elle doit réussir à recouvrir un rôle social, à ré-instituer des relations spatiales entre des lieux qui ne se côtoient pas toujours. Le projet contemporain d’architecture doit préserver des possibilités de mondes multiples, colorés, changeants ; être un support et un réservoir de potentiels d’avenir et d’espoir, de poésies, de vies singulières et diverses », résument-ils pour raconter une architecture « qui relie », ancrée, qui puise d’abord et avant tout dans l’existant sous toutes ses formes, sans pour autant sacrifier la question constructive. « Nous n’avons pas d’a priori sur les matériaux employés, nous rejouons cette question pour chaque nouveau projet, en prenant avant tout acte du contexte et de ce qui l’environne. »

Visiter leurs réalisations permet de comprendre la qualité qui se niche dans cette mise en relation des choses, dans la fabrication des situations construites. Être en prise avec le monde, rendre compte de la complexité des milieux. Une attitude très générationnelle pour ces architectes qui, probablement plus que leurs aînés, vont se confronter à ce qui est déjà là, même aux choses les plus insignifiantes. Ils ont fait du logement leur terrain d’engagement, considérant qu’habiter n’est pas synonyme de se loger : « L’habitat illustre nos préoccupations sociétales, nos désirs, nos modes d’appropriation, il est le support de nos modes de relations concitoyennes ». Aussi, chaque projet de tact est-il une nouvelle façon de reconsidérer la place de l’être humain dans son milieu de vie. Leur architecture traduit cette recherche constante du mieux-être : des plans diversifiés, des hauteurs sous plafonds au-delà des standards, des fenêtres généreusement dimensionnées, des seuils travaillés, des espaces extérieurs multiples, des lieux partagés, la lumière naturelle partout où cela est possible, des matériaux pensés pour affronter le temps… En somme, ce qui devrait être la norme. « Notre métier est difficile mais nous veillons à toujours rester en accord avec nos convictions. Parvenir à mener tous ces petits combats qui sont, de notre point de vue, essentiels, nous donne de la force. »

 

Extension du collège Théophile-Briant, Tinténiac (35)

Située entre Rennes et Saint-Malo, la commune de Tinténiac connaît une croissance démographique continue. À l’ouest du centre-bourg, le collège Théophile-Briant fait partie du patrimoine bâti de la commune. Construit en 1952 par l’architecte André Murat, il présente des toits en ardoise et des murs en granit caractéristiques des établissements scolaires de bonne facture, construits après-guerre en Ille-et-Vilaine. Ce collège a fait l’objet d’importants travaux réalisés lors de phases successives, les trois premières ayant été supervisées par forma6. Extensions et restructuration ont ainsi permis à la fois d’augmenter la capacité d’accueil et de mieux répondre aux besoins pédagogiques. Si forma6 avait misé sur une écriture très contemporaine, l’agence tact a opté pour une position différente, en réinterprétant l’existant. Cette quatrième tranche portait sur la réalisation de deux nouvelles extensions. La première abrite six nouvelles salles de classe et une salle de moyens partagés tandis que la seconde regroupe un atelier et un porche. L’implantation ménage le voisinage autant qu’elle offre de nouvelles possibilités à l’existant (patio, préau couvert). En L, les deux volumes sont traités de la même manière et poursuivent un objectif commun : établir le dialogue avec le bâtiment historique et le valoriser tout en affirmant une écriture contemporaine.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes (tranche 4) + forma6 (mandataire tranches 1,2 et 3)

Maîtrise d’ouvrage : conseil général d’Ille-et-Vilaine

BET : Techniques et Chantiers, Albdo, Arest, Acoustibel

Surfaces : 4 357 m2 (existant) + 725 m2 (extension)

Coût des travaux pour la tranche 4 : 1,3 million d’euros HT

Calendrier : 2015-2019 ; livraison, juin 2019 ]

 

Maison L, La Plaine-sur-Mer (44)

Sur la côte Atlantique, à une cinquantaine de kilomètres de Nantes, cette maison individuelle interroge la notion d’entre-deux, chère à l’agence tact. Elle profite d’une situation de contrebas qui rend sa présence difficile à deviner. Sur 92 m2, elle s’organise de plain-pied à l’exception d’une chambre qui trouve sa place au-dessus d’un garage/atelier ouvert. Conçue en ossature bois, la maison repose sur une série de pilotis qui la décollent légèrement du sol. La notion de seuil est traitée par une épaisseur qui longe la maison, épaisseur traitée par des terrasses protégées par de larges débords de toiture. Cette maison est indissociable du paysage qui l’entoure. Ce sont leurs interactions qui fabriquent ici les possibilités d’habiter. Le rapport à l’extérieur n’est pas franc mais prend la forme de strates formant des filtres successifs : une épaisseur habitable, rythmée par les poteaux et les châssis, tantôt ouvrants, tantôt fixes recevant des étagères logées entre les poteaux. À l’image du engawa japonais, ce seuil matérialise dans son épaisseur la possibilité de la vie quotidienne. Multi-orientée, la maison vit au rythme des saisons et du temps qu’il fait, entretenant avec l’extérieur une relation multiple et changeante qui ne demande qu’à être réinventée.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes

Maîtrise d’ouvrage : privée

Surface : 92 m2

Livraison : juillet 2020 ]

 

Maison K, Le Cellier (44)

Dans un contexte rural à une vingtaine de kilomètres de Nantes, la maison K profite d’une position de contrehaut qui induit naturellement un dialogue avec le grand paysage au sud et à l’est. Le terrain est en frange d’une zone urbanisée. À l’origine du projet figure un hangar existant, dont sont conservées la dalle et la charpente bois. tact a transformé ce dernier, agrandi pour devenir une maison d’habitation. Deux travées supplémentaires se greffent au sud-ouest et accueillent la cuisine et la pièce de vie. Démultipliée, la volumétrie initiale du parallélépipède coiffé d’un toit à double pente prend une autre dimension, grâce aux vis-à-vis et aux vues diagonales qui se créent entre les différents espaces. Les matériauxconvoquent la palette industrielle : les façades sont en polycarbonate opalescent qui laisse percevoir l’ossature en bois clair, tandis que des plaques d’acier laqué gris habillent les toitures. De grandes ouvertures avec des menuiseries bois rompent avec l’image du hangar tout comme les larges débords qui participent à la maîtrise des apports solaires.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes

Maîtrise d’ouvrage : privée

Surface : 130 m2

Coût : 170 000 euros HT

Livraison : 2015 ]

 

36 logements collectifs et 15 maisons individuelles, Nantes (44)

À l’est du centre-ville de Nantes, la caserne Mellinet fait l’objet d’un ambitieux projet de réhabilitation mené par TGTFP et l’Atelier Georges. Sur 13,5 hectares, l’ancien site militaire accueillera 1 700 nouveaux logements à son achèvement, prévu en 2030. Une partie des bâtiments est conservée, d’autres sont démolis. L’objectif principal de ce futur quartier est de favoriser l’accession à la propriété des familles et des jeunes couples. Le projet s’organise en six secteurs, parmi lesquels le hameau Chapus, situé à l’ouest et premier à être construit. C’est dans ce contexte que tact vient de livrer une opération qui, de part et d’autre d’une rue, met en face à face 36 logements collectifs et 15 maisons individuelles. Situé en limite de la ZAC, le projet offre par ses volumétries une progression fine depuis les formes urbaines voisines vers les anciens casernements. Les maisons prolongent le tissu des maisons du quartier Saint-Donatien, opérant une transition douce vers les logements collectifs à R+3 et le cœur de la ZAC. Dans cette opération, collectif et individuel se superposent et s’entremêlent. tact s’est effectivement attaché à concilier qualité de voisinage dans ses rapports les plus soignés et urbanité de la ZAC. Espaces intermédiaires et partagés offrent une strate intermédiaire où les conditions de vie en commun peuvent se réaliser. Le projet décline notamment la notion de mur qui prend ici des formes multiples. Le végétal joue un rôle de premier plan, façonnant des frontages actifs, perpétuant la trame végétale de l’existant.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes

Maîtrise d’ouvrage : GHT Coopératives

BET : Naonec, IBA, Solab, Quatuor

Programme : 36 logements collectifs et 15 maisons individuelles

Surfaces : 4 357 m2 (existant) + 725 m2 (extension)

Coût : 4,67 millions d’euros HT

Livraison : 2021 ]

 

Résidence Le Verger, Mauves-sur-Loire (44)

À 18 km de Nantes, dans la commune de Mauves-sur-Loire, tact avait réalisé en 2016 une opération remarquée de logements en centre-bourg. Non loin, la Résidence Le Verger est une maison de retraite qui bénéficie d’une implantation à flanc des coteaux de Loire, laquelle offre une relation au grand paysage et des vues remarquables. Créée dans les années 1970, elle nécessitait des travaux de réhabilitation et d’extension. Le bâtiment existant est de ceux qui peuvent laisser indifférent, il témoigne néanmoins d’une rigueur constructive exprimée par la lisibilité de sa trame et de ses murs banchés qui scandent l’édifice. tact a opté pour une structure poteaux-poutres perpétuant cette écriture rigoureuse et lisible. En façade, des briques de terre cuite blanche ont été choisies pour leur intemporalité et une volonté d’harmonie avec les teintes existantes. À l’intérieur, l’ossature bois se donne à voir des murs aux plafonds et fabrique des éléments de mobilier. La requalification des espaces extérieurs, par la création d’un véritable parvis, a permis de valoriser la situation géographique.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes

Maîtrise d’ouvrage : Résidences Le Verger

BET : IBA, Albdo

Programme : extension et requalification d’une maison de retraite

Surfaces : 480 m2 (existant et extension) + 220 m2 (extérieur)

Coût : 1,2 million d’euros HT

Livraison : 2021 ]

 

22 logements sociaux locatifs Le Clos Mignon, Donges (44)

Toujours à l’affût des situations d’interface, tact a livré à Donges une opération de 22 logements sociaux locatifs en frange du centre-bourg, dont elle amorce le futur développement urbain. La commune s’étend et souhaite proposer dans ce secteur des habitations à prix maîtrisé. Héritée d’un passé agricole, la trame paysagère du site est préservée à la faveur d’un redécoupage en lanières qui assoit l’idée d’une urbanité volontairement poreuse, où les cheminements doux sont structurants.

Coiffées d’un toit à double pente, simples et sobres, les maisons individuelles groupées ne cherchent pas la rupture morphologique et misent sur des typologies traditionnelles. C’est la qualité de leur mise en relation qui fait la force du projet. Ainsi les habitations se décalent les unes les autres, accentuant l’intimité des jardins mitoyens. Venelles, seuils, jardins et espaces intermédiaires compensent la densité et la proximité des habitations. Toujours un enjeu dans ce type d’opération, le travail des limites et des clôtures participe d’une gradation progressive dans la qualification des espaces du public vers le privé. Une attention que l’on retrouve également dans le travail des sols, hiérarchisé en fonction des usages. Quant au végétal, il prend la forme de jardins communs et d’espaces plantés dans les venelles.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes

Maîtrise d’ouvrage : Silène Habitat

BET : Naonec, IBA, Solab, Quatuor

Programme : 36 logements collectifs et 15 maisons individuelles

Surface : 1 360 m2 SHAB

Coût : 1,98 million d’euros HT 

Livraison : 2020 ]

 

Zellige, 100 logements, Nantes (44)

L’agence tact n’avait pas de référence en matière de logements collectifs lorsqu’elle a été retenue à concevoir ce projet de 100 logements sur l’île de Nantes. C’est avec tectone, agence nantaise reconnue créée par Pascal Chombart de Lauwe, qu’ils imaginent Zellige. Le projet présente une particularité programmatique : il inclut 15 logements en habitat participatif emmené par le collectif d’habitants Les Ruches. « Nous n’avions pas fait de logements donc nous n’avions pas d’idée préconçue », explique tact. L’ensemble prend place sur l’îlot G2 du quartier Prairie-au-Duc piloté par Marcel Smets et uapS, caractérisé par la grande échelle. Composer avec cette densité imposée constituait le plus grand défi de cette opération. Les différents bâtiments en béton se déploient en U, du R+4 au R+11, autour d’une cour paysagée conçue par l’Atelier Roberta.

La force du projet réside en ce que les 15 logements en habitat participatif ont permis de questionner l’ensemble de l’opération. Tous les habitants ont pris part au processus de conception, lequel fut jalonné de six ateliers collectifs, déterminants pour la conduite du projet. De nombreuses questions ont été débattues, notamment pour convenir des usages des espaces communs partagés, nombreux dans ce projet : un atelier de bricolage, deux terrasses à R+5, une salle polyvalente et autres salles communes. L’ensemble est habillé d’une élégante brique de béton texturé, offrant une toile de fond uniforme que la vie quotidienne des habitants vient animer de façon aléatoire. Les logements puisent notamment leur qualité de plus grande hauteur de plafonds que celle autorisée habituellement dans ce genre de programme. Des grandes fenêtres aux menuiseries en aluminium laqué doré ou encore des loggias envisagées comme de véritables pièces de vie. Jusqu’à la sonnette en laiton en passant par la signalétique, rien n’est laissé au hasard. Tout est pensé avec soin, œuvrant à rendre désirable le postulat initial qu’est celui d’habiter la densité.

 

[ Maîtrise d’œuvre : tact architectes + tectone

Maîtrise d’ouvrage : SNI, GHT, Les Ruches

BET : Eléments Ingénieries, Gestionbat, IBA, Atelier Roberta

Programme : 100 logements et locaux associatifs dont 15 logements en habitat participatif

AMO conception intégrée : Wigwam conseil

Surface : 6 700 m2 SP

Coût : 9,5 millions d’euros HT

Calendrier : 2015-2020 ]

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