"Transmettre la sensibilité de la construction en terre sur le chantier afin de protéger notre métier", entretien avec Martin Rauch

Rédigé par Maryse QUINTON
Publié le 01/12/2022

Prototype d'un "Espace de la naissance et des sens"

Dossier réalisé par Maryse QUINTON
Dossier publié dans le d'A n°303

Pour Martin Rauch, pionnier du renouveau de la terre crue en Europe, le chantier est le lieu de la transformation matérielle et de transmission des savoirs. En Autriche, dans le Vorarlberg où il travaille, il a créé sa propre entreprise en 1999 pour redonner ses lettres de noblesse à un matériau ancestral, que les enjeux environnementaux ont remis au premier plan. Il figure parmi les lauréats de l’édition 2022 du Global Award for Sustainable Architecture, qui font l’objet d’une exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine jusqu’au 30 janvier 2023.

D’a : En tant qu’architecte spécialiste de la construction en terre, comment considérez-vous le temps du chantier à l’échelle d’un projet ?
Pour nous, le chantier prend toujours des allures de défi car nous travaillons souvent de manière prototypique. De plus, parce que la qualité de la tâche de construction dépend généralement du travail des artisans, il doit être supervisé en conséquence. Nous essayons d’excaver au maximum sur le site tout ce dont nous avons besoin pour réaliser un bâtiment.

D’a : Le chantier est-il un moment qui vous offre la possibilité d’expérimenter ? Quelle est votre marge de manœuvre ?
Cela varie beaucoup d’un projet à l’autre. Les bases sont anticipées, mais plus le travail manuel et artisanal est important, plus le chantier revêt une dimension expérimentale. Nous construisons très souvent avec des éléments en terre crue, préfabriqués dans notre usine [Lehm Ton Erde (argile-limon-terre) à Schlins, en Autriche] et c’est là que réside la majeure partie de la créativité, dans la planification de l’usine, l’interface entre l’architecture et l’exécution. La préfabrication nous a permis d’élargir considérablement notre champ des possibles. Le potentiel de développement est immense (...)

Abonnez-vous à D'architectures
.

Réagissez à l’article en remplissant le champ ci-dessous :

Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
.

> L'Agenda

Janvier 2023
 LunMarMerJeuVenSamDim
52      01
0102 03 04 05 06 07 08
0209 10 11 12 13 14 15
0316 17 18 19 20 21 22
0423 24 25 26 27 28 29
0530 31      

> Questions pro

Et si on arrêtait de bosser ?

Apparu aux États-Unis après le covid, le phénomène de « la grande démission » marque une évolution du rapport au travail et la Fra…

Les ABF aussi en première ligne pour défendre le patrimoine contemporain

Rôle délétère de l’ANRU pour financer la destruction des logements, inquiétude devant la généralisation de l’isolation thermique des…

Détruire ou non ?

Faïence dans les halls, aplats colorés en façade, l’indigence des signes a trop souvent résumé la réhabilitation des barres des grands e…