d'architectures
Le magazine de la création architecturale
Sous l’apparence trompeuse de ces deux coffee table books se cache une savante et inédite somme sur un architecte, designer et décorateur dont on a surtout retenu le nom parce que son œuvre majeure, alors presque oubliée, a été redécouverte dans les années 1960 par des critiques et architectes anglais. En pleine remise en question du modernisme, des acteurs de la scène d’outre-Manche comme Reyner Banham, Kenneth Frampton ou Richard Rogers voient dans la maison de verre de Pierre Chareau une œuvre ouvrant des pistes jusqu’alors négligées pour réinterroger la modernité. Le mythe de cet autodidacte mort sans ressources et presque oublié aux États-Unis en 1950 allait naître. Dans un premier temps, cette première redécouverte de la maison de verre allait laisser dans l’ombre la plus grande partie de son œuvre. On commença seulement à la redécouvrir lors de l’exposition que lui consacra le Centre Pompidou en 1993. Trente ans plus tard, ces deux somptueux volumes, œuvres de Marc Bédarida et Francis Lamond, viennent magistralement couronner une reconnaissance qui s’imposait.