Loger le pauvre, l’immigré, le demandeur d’asile - Héberger plutôt que loger, une nouvelle norme de pensée ?

Rédigé par Pascale JOFFROY
Publié le 15/02/2017

Dossier réalisé par Pascale JOFFROY
Dossier publié dans le d'A n°251

On ne loge plus, on « héberge ». Solution d’exception hier pour des personnes isolées marginalisées, l’hébergement des populations « en situation de précarité » est devenu la solution fourre-tout de toute la misère du monde. Outil efficace de « mise au propre » de la ville, il impose sa loi et ses standards aux marges d’une politique du logement figée dans ses impensés et dans ses normes. Pour les personnes hébergées, cette forme modernisée du camp se traduit par une désappropriation des lieux et une perte de liberté qui retardent tout rebond possible. Repenser ce qu’habiter veut dire semble une priorité, pour admettre, améliorer, inventer des formes d’habitats au plein sens du terme pour les situations de vie fragiles.

En France – cas d’espèce non isolé –, une pensée courante voudrait qu’on aide « nos » pauvres avant de secourir les malheureux venus d’ailleurs. On ne pourrait « accueillir toute la misère du monde » avant d’avoir pris soin de la nôtre. Pour le logement au moins, ce discours écrase une réalité de taille : on ne « loge » pas mieux le pauvre « de chez nous » que le nouvel arrivant : au mieux (...)


Lisez la suite de cet article dans : N° 251 - Mars 2017

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