Loger le pauvre, l’immigré, le demandeur d’asile - I. La norme comme politique d’exclusion - Du foyer à la « résidence sociale »

Rédigé par Pascale JOFFROY
Publié le 14/02/2017

Dossier réalisé par Pascale JOFFROY
Dossier publié dans le d'A n°251

Philosophe et membre du collectif « Ouvriers du monde/Architectes de paix », Judith Balso revient sur l’histoire des foyers ouvriers en France, dont la transformation en « résidences sociales » est en cours. Un temps lieux de solidarité et de liberté d’expression, ils subissent aujourd’hui une nouvelle tentative de mise au rang, au nom de normes spatiales qui se font passer pour logiques et bienveillantes. Certains collectifs d’habitants résistent et défendent une vision moins individualiste et plus fraternelle de l’habitat.

D’A : L’histoire des foyers d’ouvriers et de travailleurs migrants en France est peu connue. Quelles en sont les étapes les plus marquantes ?


Judith Balso : Les tout premiers foyers ont été construits pendant la guerre d’Algérie. Ils étaient gérés par la Sonacotral, ancêtre de la Sonacotra et rebaptisée depuis Adoma, et directement sous la coupe du ministère de l’Intérieur. Il s’agissait autant de contrôler judiciairement que de loger des ouvriers algériens susceptibles d’être, dans les bidonvilles et les cafés-hôtels, ralliés et organisés par le FLN. Les premiers foyers dits « de travailleurs migrants » (FTM) ont été construits (...)


Lisez la suite de cet article dans : N° 251 - Mars 2017

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