Installé à Marseille, l’atelier EGR n’a pas choisi la facilité. Œuvrant dans les villes périphériques et diffuses de la métropole, Frédéric Einaudi, Maxime Gil et Anthony Rodrigues ont fait de ces territoires délaissés par la pensée urbaine et architecturale leur champ de bataille. Par leur production architecturale mais aussi la réflexion collective qu’ils y mènent, ils agissent en activistes, soucieux d’officier là où se joue le futur de la cité phocéenne.
Alors que l’architecture se dilue – parfois jusqu’à se perdre – dans les disciplines connexes que sont, entre autres, les sciences humaines, EGR l’affirme sans tergiverser : « Nous sommes avant tout des constructeurs », reprenant à leur compte la pensée d’Auguste Perret : « L’architecte est un poète qui pense et parle en construction. » À rebours de la bien-pensance, le trio affectionne le béton. Et l’assume. L’architecture de Frédéric Einaudi, Maxime Gil et Anthony Rodrigues n’en est pas moins dans l’air du temps, s’inscrivant dans ce nouveau réalisme français mis en avant ces dernières années. Le trio se rencontre en master à l’École nationale supérieure de Paris-Belleville, dans le studio de Pierre-Louis Faloci avec qui ils passent leur diplôme en 2009. Durant ces années parisiennes, ils cofondent Cosa Mentale, une revue collective et indépendante, devenue maison d’édition par la suite, afin de « promouvoir une approche de l’architecture comme discipline de réflexion et de pensée qui se lit et se discute autant qu’elle se dessine et se construit ». Une vision protéiforme qu’ils défendent depuis toujours.
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