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  • Au grand air - L’école Frida-Kahlo, Bruges, Gironde

    Maîtrise d'ouvrage : Ville de Bruges

    Conduite d'opérations : Bordeaux Métropole

    Maîtrise d'œuvre : Compagnie architecture (Chloé Bodart et Jules Eymard) ; Pollen, paysagiste ; Albert & Co, BET fluides et environnement ; Cesma, BET charpente bois ; Hoeco, économiste et OPC

    Entreprise mandataire du groupement : Charpente Cénomane, charpente ossature bois et mobilier bois ; gros œuvre, Legendre

    Programme : 6 classes de maternelle, 10 classes d’élémentaire, 1 restaurant scolaire, 1 pôle périscolaire

    Surface SDP : 2 800 m2

    Coût d’opération toutes dépenses confondues : 10,4 millions d’euros HT ; coût des travaux : 9,35 millions d’euros HT ; surcoût de construction des performances E4C2 : + 11,5 %

    Détail des coûts : puits climatiques, 397 000 euros ; VRD et paysage, 912 000 euros ; gros œuvre, 1 million d’euros ; charpente bois, 4 millions d’euros ; menuiseries extérieures, 365 000 euros ; fluides, 1,1 million d’euros

    Date de livraison : été 2022

  • Des surfaces minérales en perpétuelle mutation

    La 39e édition du CERSAIE 2022 – le principal salon international pour le monde de la céramique, de la salle de bains, de l’architecture d’intérieur et du design, qui s’est tenu à Bologne en septembre dernier –, avait pour fil rouge la durabilité, la terre et la nature. Parmi les nombreuses nouveautés présentées cette année dans le secteur de la céramique, on trouve des couleurs chaudes et naturelles de la terre et des textures brillantes, futuristes et métalliques ; du minimalisme des tons neutres mélangés avec d’autres matériaux pour une offre de plus en plus amplifiée, permettant aux concepteurs un choix presque infini de couleurs, de matériaux et de finitions. Le potentiel du secteur de la céramique (mais pas seulement), ouvre la voie à des solutions innovantes : il est désormais possible de combiner différents matériaux, comme le métal, le verre ou le bois, mais aussi de travailler le potentiel de joints colorés contrastant avec la céramique. Les idées pour expérimenter de nouvelles tendances, ou créer un style précis – qu’il soit traditionnel ou contemporain – n’ont pas de limites.

  • Djamel Klouche, l’AUC : Grands territoires

    Rue de la Chapelle : une ambiance métropolitaine où s’active une foule éclectique et bigarrée entre des immeubles anciens qui suivent l’alignement de la voie et d’autres plus modernes et plus hauts qui s’y refusent, préférant attendre son improbable élargissement. Je sonne au bas d’une construction des années 1960 réalisée par Michel Holley où vient s’encastrer une antenne de la CAF devant laquelle s’allonge une file d’attente. Une assistante m’emmène au huitième étage, où la porte de l’ascenseur s’ouvre directement sur l’agence. À peine arrivé, après les salutations d’usage, Djamel Klouche m’entraîne dans une salle de réunion isolée. Celle-ci donne sur le Sacré-Cœur et le projet Chapelle International qui court le long du faisceau des voies menant à la gare du Nord…

  • EGR - À l’épreuve du réel

    Installé à Marseille, l’atelier EGR n’a pas choisi la facilité. Œuvrant dans les villes périphériques et diffuses de la métropole, Frédéric Einaudi, Maxime Gil et Anthony Rodrigues ont fait de ces territoires délaissés par la pensée urbaine et architecturale leur champ de bataille. Par leur production architecturale mais aussi la réflexion collective qu’ils y mènent, ils agissent en activistes, soucieux d’officier là où se joue le futur de la cité phocéenne.

  • Fenêtre sur contes : un skypool entre ciel et eau - Musée Andersen à Odense, Danemark, par Kengo Kuma and Associates

    En 2016, l’agence Kengo Kuma And Associates (KKAA) remporte le concours pour l’extension du musée consacré à la vie et à l’œuvre de l’auteur danois Hans Christian Andersen à Odense, sa ville natale. Après un chantier de six ans, le lieu ouvre ses portes en 2022. L’architecte japonais via son agence parisienne livre un projet tout en courbes et en tangentes, suggérant un parcours rythmé par des dispositifs architecturaux qui marquent l’interface entre deux mondes. À l’image d’un étonnant skypool – un oculus immergé au fond d’un bassin –, les interactions avec la surface se multiplient, jouant de vitrages, de jardins engloutis et de percées d’un monde à l’autre.

  • Formation des architectes : less is no more

    Depuis le 6 février dernier, suite au report de la rentrée du second semestre, faute de personnels administratifs disponibles, les étudiants de l’ENSA Normandie bloquent la reprise des cours. Derrière une situation locale, c’est la misère de l’enseignement de l’architecture en France qui se révèle crûment. Une lutte pour sa sauvegarde est maintenant engagée.

  • La ville dans la pente

    Concours pour la réalisation de l’écoquartier « Cœur de Carnolès » à Roquebrune-Cap-Martin

    Ce concours organisé par la SPLA Riviera Française Aménagement, sur un territoire souvent réservé aux architectes locaux et aux grosses agences nationales, est parvenu à mettre uniquement en compétition des équipes émergentes, habituées à concevoir en termes de structure et de plan plus qu’en termes de volumes et de façades. Dessiné par l’agence CAB, le plan-masse sur lequel elles ont été amenées à concourir leur a offert le milieu idéal pour développer une architecture sobre et ouverte.

  • Legnano kitsch : Architectures ordinaires, rénovations extraordinaires

    Cet article se fonde sur un travail de recherche entamé par l’auteur une première fois en 2012 au Politecnico di Milano, en collaboration avec l’architecte Simone Zanni. Une première version de ce texte est parue en 2022 dans la revue italienne Urbano.

    par Alessandro Benetti
  • Les architectes français et l’Ukraine, un an de solidarité

    Depuis le début de la guerre en Ukraine, des architectes français s’efforcent d’aider et de soutenir les architectes ukrainiens à travers les actions lancées par l’association AMO (Architecture et maîtres d’ouvrage) et l’AFEX (Architectes français à l’export). Premier bilan, un an plus tard, avec Martin Duplantier, président de l’AMO.

  • L’architecture « néotraditionaliste » : grand pari « néolibéral » du Blanc-Mesnil

    Maire du Blanc-Mesnil de 2014 à 2021, puis sénateur, Thierry Meignen se présente comme un « maire-bâtisseur ». Se référant dans ses projets à la « ville-jardin » et à l’architecture « classique », il met en avant l’expérience du maire du Plessis-Robinson dans les Hauts-de-Seine, Philippe Pemezec, qui obtient en 2008 le Grand Prix européen d’architecture Philippe Rotthier, pour la meilleure renaissance d’une banlieue urbaine. Président du jury, l’architecte Maurice Culot est l’un des tenants culturalistes du mouvement pour « la reconstruction de la ville européenne », initié en 1980 avec la déclaration de Bruxelles. Ce prix récompense les réalisations favorisant le « dialogue avec le passé et l’histoire ». En 2008, il distingue, en plus du Plessis-Robinson de François Spoerry et de son fidèle collaborateur, Xavier Bohl, Le Val d’Europe de Marne-la-Vallée influencé, à travers les théories du New Urbanism, par l’architecte Léon Krier, autre partisan de « la reconstruction de la ville européenne ». En lien avec l’aménagement du Grand Paris, le projet du Blanc-Mesnil interroge sur la complaisance ou l’instrumentalisation de l’architecture « néotraditionaliste » dans la ville néolibérale1.


    par Sébastien Radouan
  • Milano 2, ou de l’architecture comme outil d’un récit populiste

    Milano 2, « ville-satellite » située dans la banlieue de l’agglomération de Milan, en Italie, fut construite entre 1969 et 1978 par le promoteur Edilnord Centri Residenziali, propriété de Silvio Berlusconi. Une fois ce dernier entré en politique, elle sera souvent célébrée comme ville idéale, à grand renfort d’exposition médiatique. La narration publicitaire qui l’accompagne – « quartier à taille humaine », possibilité pour chacun de « choisir où et comment vivre », « ville des numéros 1 » –, à savoir l’aspect immatériel du projet, en fait un cas précoce de promotion privée où le récit médiatique « fabrique » un aménagement urbain, et cela bien avant la pose de sa première pierre. Des textes et des images – vocabulaire, photographies et dessins – reproduits dans des brochures publicitaires et la presse généraliste, mais aussi dans les documents techniques et administratifs, se révèlent parfois plus réels que la réalité concrète. Ce récit populiste soigneusement construit dans une logique marketing nous dévoile le rôle somme toute instrumental de l’objet architectural, réduit à un simple outil rhétorique.

  • Moins et Mieux

    Vecteur d’émissions de CO2, le secteur du meuble doit lui aussi diminuer son empreinte carbone d’ici 2050. Maîtriser son impact environnemental implique une analyse complète de cycle de vie (ACV), un écobilan qui permet de répertorier les flux dans chacune des phases de la vie d’un produit : matières premières, fabrication, emballage, transport, vente, usage et fin de vie. Outre l’utilisation de matériaux biosourcés ou recyclés, qui ne sont qu’une partie visible de l’iceberg, la conception du produit joue un rôle important. Fort de ce constat, une nouvelle génération d’éditeurs de mobiliers répond concrètement en matière d’écoconception (norme internationale ISO 14062). Leur volonté commune est de fabriquer moins et mieux, de valoriser la rénovation, le réemploi et le recyclage et de privilégier une production locale, en toute transparence.

  • Populismes architecturaux : ce n’est pas qu’une question de goût

    Les cas présentés dans ce dossier – les villages-vacances de Port-Grimaud et de la Costa Smeralda, le quartier de Milano 2 et les maisons de Legnano, les immeubles du Blanc-Mesnil – ont peu de points en commun d’un point de vue formel et typologique : style vernaculaire, néohaussmannien, modernisme « tempéré » ou explorant toutes les variantes possibles du kitsch ; typologies architecturales allant des maisons mitoyennes aux barres, des tours de logements aux pavillons ; morphologies conçues tantôt comme des tissus urbains typiques de la ville dense, tantôt comme des géométries organiques et libres inspirées au modèle de la « cité-jardin ». Ces exemples nous permettent de nous interroger sur l’usage politique du projet architectural ou urbain et sur la pertinence qu’il y aurait ou non à parler d’« architecture populiste ».


    par Federico Ferrari
  • Populismes architecturaux : une question de goût ?

    Depuis peu de temps, le compte Twitter « la France moche » connaît un certain succès. La plupart des internautes y pointent du doigt d’un ton moqueur la production architecturale du XXe siècle. Nous pourrions déplorer les jugements approximatifs et les contre-exemples « populistes » qu’ils leur opposent – incarnations d’un beau soi-disant « classique » –, ou argumenter que l’esthétique, surtout en l’absence d’un « canon » établi par des élites intellectuelles, est à l’époque contemporaine une affaire complexe. Mais cette polémique – certes typique de l’homme de la rue mais très souvent portée aussi par des élus – nous révèle le caractère foncièrement public de l’architecture, contrairement aux autres « arts ». Sans renoncer à l’esprit critique et à leur nature de spécialistes, les architectes se doivent pourtant de s’interroger sur ces objets « ringards » s’ils veulent en comprendre les logiques de production. C’est à notre avis la seule stratégie possible, pour que la culture architecturale remplisse pleinement son rôle de force de résistance.
  • Silence et lumière - Le Studium, bibliothèque universitaire, maison de l’étudiant et maison d’édition, Strasbourg

    Maître d’ouvrage : Université de Strasbourg

    Maîtres d’œuvre : Jean-Pierre Lott, architecte ; Louise Van Grieken, cheffe de projet

    BET : SERUE, TCE ; Oasiis, HQE ; Acoustb, acoustique

    SHON : 12 000 m2

    Coût : 22 millions d’euros HT

    Calendrier : début du chantier, septembre 2018 ; livraison, octobre 2022 

  • Un groupe scolaire et une ludomédiathèque, Bruges, Gironde

    Maîtres d’ouvrage: Mairie de Bruges et Bordeaux Métropole Aménagement

    Maîtres d’œuvre : Yves Ballot (mandataire) et Nathalie Franck

    Maîtres d’œuvre associés : Matthieu Buquet, architecte associé ludomédiathèque ; Anouk Debarre, paysagiste ; ID Bâtiment, BET structure pierre ; INTECH, BET structure ; Technisphère, BET fluides et environnement ; VIA Infrastructure, BET VRD ; Gamma Conception, BET cuisines ; Synacoustique, BET acoustique ; SIEC, économiste de la construction et OPC

    Programme : extension rénovation du château Treulon pour création d’une ludomédiathèque, construction du groupe scolaire Olympe-de-Gouges (17 classes et son ALSH), réhabilitation du restaurant scolaire Le Carros et aménagements des abords et cheminements dans le parc Treulon

    Surfaces : ludomédiathèque, 1 400 m2 SDP dont 400 m2 d’extension ; école élémentaire et ALSH, 2 350 m2 SDP dont 520 m2 ALSH ; restaurant scolaire, 1 000 m2 SDP

    Coûts : ludomédiathèque, 5,5 millions d’euros HT (y compris aménagement des abords) ; école élémentaire et ALSH, réhabilitation du restaurant scolaire, 7,8 millions d’euros HT (y compris aménagement des abords)

    Livraison : restaurant, août 2020 ; école élémentaire et ALSH, août 2021 ; ludomédiathèque, juillet 2022

  • Une renaissance décomplexée - La Maison du festival de jazz et son jardin de ruines, Vienne

    Maître d’œuvre : Doucerain Lièvre Delziani architectes DLD, mission de base + exé + OPC

    Maître d’ouvrage : Vienne Condrieu Agglomération, représenté par Christine Philippon

    Utilisateur : Jazz à Vienne, représenté par Samuel Riblier

    Mission : restructuration et extension

    BET : économiste, CM ; BET structure, Vessière ; BET fluides/QEB, COTIB ; BET VRD/paysage : Sinequanon’ ; OPC : Arpège

    Entreprises : gros œuvre, COREALP ; charpente bois, Cecoia ; étanchéité, Manrey SAS ; menuiseries extérieures bois, Menuiserie du Forez ; menuiseries intérieures bois, Vallon Faure ; VRD et paysage, Jardin Service

    Surface : 460 m2

    Coût : 2,7 millions d’euros HT

    Calendrier : 2018, concours ; début des travaux, juillet 2020 ; livraison, janvier 2022 

  • Vacances pittoresques : La damnatio memoriae des architectures vernaculaires du tourisme de masse

    Les vingt dernières années ont été marquées par la redécouverte historiographique de l’architecture et de l’urbanisme pour la villégiature et le tourisme en bord de mer. On a beaucoup étudié les merveilles de ce modernisme, qu’il s’agisse de maisons individuelles d’architectes, de stations entières réinventées par l’architecture moderne – il suffit de penser au modernisme « tropicalisé » de Royan décrit par Gilles Ragot1 – ou des résultats des grands aménagements de l’État français, notamment les stations nouvelles du Languedoc-Roussillon2. On a souvent survolé, au contraire, une production tout aussi intéressante mais au caractère plus ambigu et aux références plus variées.


    par Alessandro Benetti