La
restructuration du Centre
national des industries et techniques par l’agence mandataire Cro&Co
et O’zone architectures a nécessité trois ans de travaux. « Cathédrale des
temps modernes », comme l’a défini André Malraux lors de son inauguration
en 1958, le bâtiment de Robert Camelot, Jean de Mailly et Bernard Zehrfuss
entame une nouvelle séquence de son histoire.
Après avoir été le lieu d’accueil de salons populaires d’arts floraux et ménagers durant les trente glorieuses, la célèbre voûte tripode de béton abrita dans les années 1980 une petite cité autonome de commerces, hôtel et espaces de congrès. À partir des années 2000, Unibail rachète le bâtiment.
Le groupe transforme aujourd’hui les anciens espaces de congrès afin d’y
accueillir 9 000 m2 supplémentaires de boutiques. Pour ce faire, les
architectes de Cro&Co ont percé les plateaux existants, faisant apparaître
au deuxième sous-sol un mail commercial de 21 mètres de large. Les
nouveaux percements permettent d’y apporter la lumière du jour tout en
dégageant les trois départs de voûte qui n’étaient plus visibles en les
réintégrant dans le parcours du visiteur. Grâce à la connexion directe du RER E
au bâtiment, la maîtrise d’ouvrage espère que le CNIT fera battre à nouveau le
cœur d’un quartier d’affaires bousculé par la pandémie. Premier édifice de la
Défense dans les années 1950 devenu « actif immobilier » d’Unibail,
le CNIT continue à se renouveler sur lui-même et questionne le processus de
morphogénèse d’un territoire essayant de reprendre son souffle.