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Il y a exactement un an, d’a avait publié un numéro spécial avec l’architecte Philippe Rahm, consacré à l’architecture considérée sous le prisme du climat. Un an plus tard, avec une passionnante exposition au Pavillon de l’Arsenal et ce livre (tiré de sa thèse) qui l’accompagne, l’architecte, avec une ambition qui pourra paraître à certain démesurée, propose une nouvelle histoire de l’architecture envisagée sous l’angle du climat. Cette histoire « naturelle », du néolithique à aujourd’hui, ignore volontairement les déterminants culturels pour mieux montrer comment des événements climatiques, des avancées techniques ou scientifiques ont profondément modifié nos paysages et notre univers domestique : comment la bière invente la ville, les petits pois ont fait s’élever l’architecture gothique, un volcan crée la ville moderne, la découverte de l’iode entraîne l’urbanisation de littoral ou comment les antibiotiques ont permis un retour à la ville. Nul doute que Philippe Rahm s’amuse (et nous amuse) à forcer le trait pour mieux nous montrer que l’urgence climatique impose un changement radical de paradigme. Sur ce sujet – où les prêcheurs ne manquent pas –, il ne cherche cependant pas à donner de leçon, préférant nous montrer que l’on peut changer les choses en commençant par modifier le regard que l’on porte sur des phénomènes ou des sensations que l’on croit, à tort, immuables ou insignifiants, et ce n’est pas le moindre de ses mérites. EC

 

Histoire naturelle de l’architecture. Comment le climat, les épidémies et les énergies ont façonné la ville et les bâtiments, Philippe Rahm, Éditions du Pavillon de l’Arsenal, 14 x 22 cm, 312 p., 24 euros.