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d’a : Après avoir renoncé aux termes d’« Arts premiers », on parle aujourd’hui de «musée de l’Autre». Cela vous paraît-il pertinent ?

Catherine Clément : Pas tout à fait. Je suis très hostile à cette notion de « culture de l’autre », et même à l’utilisation du mot « altérit » dans ce contexte. D’abord, depuis plus d’un siècle, la pensée européenne contemporaine repose sur la constatation que l’altérité est en nous, ce que Rimbaud exprimait par le fameux : « Je est un autre », Freud par la mise en évidence de l’existence de l’Inconscient, et Marx par celle des infrastructures. L’autre est dans le Soi ; il devient difficile de parler de « culture de l’autre » ! Ensuite, ces cultures ne sont pas plus « autres » que ne le sont les résultats des innombrables métissages depuis l’aube des temps, et aujourd’hui encore, en pleine mondialisation. À la rigueur, on pourrait parler des cultures des autres mondes, ce serait différent ; on pourrait dire que la forme de ces objets, leur allure, leurs façons d’être nous déconcertent. Il me semble que « culture de l’autre » est une expression rétrograde. (...)$##$

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