Copyright : ©Stéphane CHALMEAU

Maîtres d'ouvrages : Archipel Habitat
Maîtres d'oeuvres : Atelier Seraji Architectes et Associés, Nasrine Seraji (architecte) ; Adelaida Uribe Lemarie (chef de projet) ; Alejandro Bernal, Nicolas Février et Hélène Latour (équipe)
Aménageur de la ZAC : Territoires & Développement
BET TCE : TPFI 
Entreprises : Eiffage (gros oeuvre, fondations spéciales, VRD, terrassements) ; Feratte (bardage) ; Monvoisin (menuiserie extérieure) 
Surface SHON : 2 500 m2
Coût : 2,75 millions d’euros HT
Date de livraison : 2016

À l’ouest de Rennes, dans la commune du Rheu, Nasrine Seraji a conçu un quartier de 57 hectares dit la Trémelière, où la structure paysagère fut le préalable de sa proposition. Sur l’un des cinq îlots-jardins qui composent le plan-masse, l’architecte a réalisé une opération mixte logements/équipement qui met en oeuvre les principes qu’elle propose. 

 

Quand Nasrine Seraji participe au concours pour la réalisation d’un nouveau quartier au Rheu en 2007, ses recherches la mènent au destin de Gaston Bardet et à son lien avec cette petite commune située en périphérie de Rennes. Il devient l’urbaniste du Rheu à partir de 1957, alors même que le petit village compte à peine 1 000 habitants. Fervent défenseur du « mariage de la ville avec la verdure », il y applique ses théories, défendant le concept de cité-jardin qui s’appuie sur la trame bocagère existante. Une cinquantaine d’années plus tard, Nasrine Seraji s’est attachée à perpétuer cette approche du territoire, à s’inscrire dans cette histoire et dans la continuité de la ville. Situé au nord de la commune, le projet de la Trémelière prend place sur 57 hectares de terres agricoles, traversées par un corridor écologique. Bien avant de définir l’emprise des zones à bâtir, l’architecte et les paysagistes Neveux Rouyer (présents durant l’esquisse de 2008 à 2010) ont d’abord pensé les espaces et les cheminements naturels constituant l’ossature paysagère du site. En quête d’une densité raisonnée, l’équipe a imaginé cinq îlots-jardins permettant de préserver un tiers du terrain. Travaillés bien en amont, les espaces publics structurants et paysagers forment ainsi la matrice du quartier. Chacun d’entre eux possède une personnalité propre qui détermine l’une ou l’autre des formes d’habitat variées prévues par le projet. Une conception à rebours des ZAC standard, où le paysage fait souvent office de parent pauvre. 

 

Mixité programmatique 

À l’est du quartier, sur l’îlot-jardin 1, où travaillent également Petitdidier Prioux, Clément Gillet et Philippe Loyer, Nasrine Seraji vient d’achever un ensemble mixte associant 33 logements sociaux, une salle de danse, une salle de réunion et 70 places de stationnement. Parce qu’elle souhaitait éviter « le zoo architectural des ZAC », l’architecte a instauré une méthode collaborative et dynamique. Les quatre équipes ont ainsi travaillé ensemble par le biais d’ateliers menés avec les opérateurs et avec une municipalité ouverte à l’expérimentation : un processus certes long, mais qui s’est ici révélé vertueux. Les différentes opérations se partagent un parking au-dessus duquel est aménagée une promenade haute, « une manière d’entrer chez soi autrement », explique Nasrine Seraji, qui a réalisé les logements situés à l’extrémité de l’îlot. Ceux-ci sont répartis en trois bâtiments, les deux premiers volumes étant reliés par une passerelle offrant un espace partagé ouvert sur le paysage : « Il s’agit plutôt de maisons superposées dans un parc que de logements collectifs. Nous avons veillé à l’intimité de chaque appartement. » Rythmées par des larges balcons en saillie, les façades sont revêtues de tôle ondulée, « un matériau pérenne et économique qui prend bien la lumière », mais également adapté à l’isolation thermique par l’extérieur développé sur tout le bâtiment : « Un choix qui réduit les possibilités en façade mais qui offre un meilleur confort aux logements. » Nasrine Seraji souhaitait que les stationnements, situés sous les logements mais à l’air libre, soient conçus de façon à être transformés le jour où ils deviendraient obsolètes. « La superposition des programmes est difficile en France car l’urbanisme est pensé de manière horizontale et non verticale. » Son projet anticipe cette idée en installant une salle de danse sous les logements dès aujourd’hui. L’objectif : prouver par l’exemple le caractère immédiatement opérationnel du dispositif. 

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