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L’Académie des Beaux-Arts vient d’annoncer l’élection d’Alain-Charles Perrot, membre de la section d’architecture, au poste de vice-président pour l’année 2020. En décembre dernier, l’architecte Pierre-Antoine Gatier avait été élu à la section architecture de l’Institut de France, suite au décès de Paul Andreu. L’institution créée en 1795 promeut la création artistique française et veille à la défense de notre patrimoine culturel.

La section architecture – qui est l’une des neuf sections de l’Académie des Beaux-Arts – n’a jamais, depuis sa création, élu une seule architecte. Les différentes sections se démarquent péniblement de cette homogénéisation masculine, puisqu’au total, seuls 12 % des académicien.ne.s sont des femmes. Et même si l’Académie a tout de même nommé pour la première fois une femme au titre de Secrétaire perpétuelle, la section des architectes ne semble pas embarrassée à l’idée de perpétuer l’invisibilisation des femmes.

 

Les bancs des écoles d’architecture sont désormais majoritairement fréquentés par des étudiantes. Depuis peu, les diplômées sont elles aussi majoritaires mais leurs aînées ne disposent que d’une faible visibilité. Alors quel modèle l’Académie des Beaux-Arts propose-t-elle aux futures architectes ? Ne reproduirait-elle pas le schéma d’un système de domination intériorisé ? Sept fauteuils que seuls les hommes de plus de soixante ans paraissent dignes d’occuper.

Dans les publications comme dans l’enseignement, le récit de l’histoire de l’architecture est majoritairement androcentré. On y parle de ceux qui l’ont façonné, de ceux qui sont désormais des références et de ceux qui deviendront des sources d’inspiration. Mais les femmes y sont quasi inexistantes.

 

En ne nommant aucune femme, la section architecture ne les empêchera pas d’exceller dans leur profession mais elle se prive de celles qui aujourd’hui façonnent notre héritage architectural. Et alors même que notre ministère exprime la volonté de promouvoir l’égalité femme/homme, qu’en est-il de l’Académie ? Après avoir œuvré pendant plusieurs siècles à la valorisation de notre patrimoine, quand mettra-t-elle enfin autant d’énergie à porter sur le devant de la scène notre matrimoine ?