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Carlo Mollino, Architect and Storyteller, Napoleone Ferrari, Michelangelo Sabatino, Zurich, Park Books, en anglais, 24 x 32 cm, 456 p., 500 ill., 85 euros. 

Dans le désordre : architecte, skieur émérite, pilote de course, designer, photographe, romancier, inventeur, socialite, décorateur, chroniqueur, collectionneur… le dandy turinois (1905-1973) adepte assumé d’un « éclectisme moderne » fut tout cela et plus encore, même si nous le connaissons surtout pour son mobilier parfois extravagant, ses photographies supposées érotiques et ses quelques bâtiments mythiques. En puisant abondamment dans les riches archives de Mollino, conservées au Polytechnico de Turin, les auteurs rendent compte de toutes les facettes de cet inclassable et fantasque héritier, fasciné autant par la montagne que par le corps des femmes, par le sport que par l’artisanat, par les montages photographiques que par l’enseignement de la « composizione architettonica ». Bruno Zevi se rappelait ainsi, à la mort de Mollino, que ses méthodes pédagogiques, jugées erratiques, étaient très critiquées par ses pairs, mais que lui seul parvenait à insuffler un esprit de culture à ses étudiants. Le livre, magistralement mis en pages par les graphistes zurichois d’Elektrosmog, est magnifique, opulent, avec moult esquisses, dessins d’exécution, photographies et documents d’époque, complétés par des clichés contemporains des bâtiments réalisés – en particulier de très belles vues en noir et blanc, notamment de détails, dues à Pino Musi. Mais il contient aussi une solide biographie, un catalogue raisonné des projets architecturaux (dont la plupart, non réalisés, sont méconnus), des essais critiques et une bibliographie des écrits de l’architecte touche-à-tout. Comme le rappelle Bruno Reichlin, Mollino « mérite une place plus importante dans l’histoire italienne et globale de l’architecture et du design » ; ce livre contribue assurément à ce projet. GMJ