BRA - Soumis à la question
D’a : Votre premier souvenir d’architecture ?
BRA : Une école, une ferme. Les lieux de notre enfance.
D’a : Que sont devenus vos rêves d’étudiant ?
BRA : Ils sont restés des rêves d’étudiant. Nous faisons maintenant des rêves d’architecte.
D’a : À quoi sert l’architecture ?
BRA : À permettre aux autres de vivre, de travailler, d’apprendre, de se cultiver… Mais aussi à émouvoir.
D’a : Quelle est la qualité essentielle pour un architecte ? $##$
BRA : La réflexion puis la ténacité.
D’a : Quel est le pire défaut chez un architecte ?
BRA : Le laxisme ou l’incohérence. Mais aussi l’abdication, oublier la responsabilité qui est la sienne.
D’a : Quel est le vôtre ?
BRA : Il y en a beaucoup…
D’a : Quel est le pire cauchemar pour un architecte ?
BRA : Se contenter de cocher les cases d’un tableau programmatiques, et être dépossédé de la réflexion.
D’a : Quelle est la commande à laquelle vous rêvez le plus ?
BRA : Celle qui profite au plus grand nombre, déstabilisante, sans idées préconçues ni référentiels.
D’a : Quels architectes admirez-vous le plus ?
BRA : Les théoriciens praticiens et subversifs qui ne se trouvent pas d’excuses.
D’a : Quelle est l’œuvre construite que vous préférez ?
BRA : Toutes celles que nous aimons ont des spécificités qui les rendent appréciables autant que d’autres. La tour Bois-le-Prêtre pour son efficacité, le Kunsthal de Rotterdam pour sa dimension performative, le Kunsthaus de Bregenz pour ses qualités atmosphériques, le Sainsbury Centre pour son caractère machiniste…
D’a : Citez un ou plusieurs architectes que vous trouvez surfaits.
BRA : Les architectes qui ont cessé de requestionner leurs pratiques, et ils sont nombreux. Pour en citer un : Steven Holl ; cela limite nos chances de le croiser.
D’a : Une œuvre artistique a-t-elle plus particulièrement influencé votre travail ?
BRA : Le cinéma en général. Les films de Pedro Almodovar, par exemple.
D’a : Quel est le dernier livre qui vous a marqué ?
T.C. : Un article de Margaux Darrieus : « L’architecture et la tentation du vernaculaire », qui nous invite à une réflexion critique sur la production actuelle.
S.M. : Architecture Non-Référentielle de Markus Breitschmid.
D’a : Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
BRA : Qu’est-ce qu’on ne peut pas prendre ?
D’a : Votre ville préférée ?
BRA : Nous préférons les villages aux villes.
D’a : Le métier d’architecte est-il enviable en 2025 ?
BRA : Oui, nous sommes privilégiés : le sens, la réflexion permanente et l’accès à la culture sont essentiels à notre métier.
D’a : Si vous n’étiez pas architecte, qu’auriez-vous aimé faire ?
T.C. : Un métier manuel.
S.M. : Photographe animalier.
D’a : Que défendez-vous ?
BRA : L’architecture comme vecteur d’émancipation culturelle et sociale, nécessairement politique et subversive.