Paraître ou ne pas paraître,
telle est la question qu’aurait pu se poser la céramique lors des derniers
salons Cersaie en Italie ou Cevisama en Espagne. Quand le grès cérame imite à
peu près tout et n’importe quoi, le vinyle tissé se prend à son tour pour du
velours, qui imite le béton banché, qui imite le pin huilé. Si bien qu’on finit
par ne plus savoir, dans ce grand bal masqué en trompe-l’œil, qui est quoi.
Mais n’est-ce pas là le propre du décor : mentir ? Effet 3D et
reliefs à l’appui, aidées par les nouvelles machines de découpes et de
production, les solutions pour les sols se livrent la bataille du meilleur
classement UPEC et des formats XXL. Ironie du sort : quand les
fabricants, quasi unanimement, misent sur de grandes plaques atteignant les 3 mètres
de long – faisant ainsi disparaître les joints –, les jeunes
architectes redécouvrent les travaux du plasticien Jean-Pierre Raynaud et les
simples carreaux blancs de 10 x 10 cm. Répondant au drame
shakespearien par un « connais-toi toi-même » socratique, ces
architectes nous rappellent au détour qu’opter pour le bon décor, c’est savoir
le calepiner, le poser et appréhender toutes les possibilités offertes par les
effets de matière.
Vrai ou faux ? Les revêtements sols et murs à l'épreuve de la vérité
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