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  • Banco gagnant à Djenné

    Djenné, cité malienne, est classée depuis 1988 au patrimoine mondial de l'Unesco, tout comme sa mosquée, aujourd'hui le plus grand édifice au monde construit en banco, depuis la destruction du palais de Baam en Iran, en 2004, par un tremblement de terre. Ces constructions en terre nécessitent un entretien régulier. Le 5 avril dernier, les douze quartiers de la ville ont participé en chœur au crépissage de leur mosquée, ce qui n'était plus arrivé depuis les échauffourées de 1957.

  • La ville est-elle encore publique?

    Ce dossier part d'un paradoxe : alors que la transformation généralisée de la ville par les entreprises est incontestablement l'une des principales mutations en cours dans la ville contemporaine, très peu d'ouvrages ou d'articles s'intéressent en France aux entreprises comme acteurs de la ville. Et s'il arrive parfois que le sujet soit abordé, c'est quasiment toujours sous l'angle de la dénonciation, pour regretter « l'instrumentalisation des espaces publics par le privé » ou « l'envahissement de la marchandisation ». En quelque sorte, la ville produite par l'entreprise ne serait pas de la ville, ou alors une ville dénaturée, dévoyée.
    Certes, peu à peu le tabou se lève. Par exemple, la dernière rencontre nationale des agences d'urbanisme a en partie abordé le sujet. Mais le fossé reste grand entre les pratiques des professionnels et le discours des penseurs de la ville.
    Qu'on comprenne bien l'esprit de cet article. Loin d'affirmer que l'entreprise est nécessairement vertueuse, nous souhaiterions appeler à une approche plus objective et montrer que ces jugements relèvent d'une analyse à la fois simpliste et dépassée de la ville. La réalité est complexe et cette complexité oblige à rejeter tout manichéisme. De plus, il faut se rendre à l'évidence : qu'on le déplore ou non, la ville est de toute façon en train de changer. Alors, plutôt qu'une critique vaine, mieux vaut comprendre les nouveaux leviers de la transformation des villes et s'en saisir pour les influencer.
  • Qu'est-ce que la financiarisation?

    La financiarisation d'un secteur découle d'un phénomène en deux étapes.
    Première étape : la place prise par les acteurs « financiers » (banques, investisseurs institutionnels, fonds d'investissement…, dont l'objet est de placer de l'argent pour le faire fructifier) augmente. En effet, les entreprises ont de plus en plus recours aux marchés financiers pour constituer leurs capitaux, tandis que, dans le même temps, les fonds de pension et la gestion collective se développent. Le secteur de la ville n'échappe pas à ce phénomène. 
  • Vers la privatisation de la ville?

    Vers la privatisation de la ville ?

    Privées, privatisées, corporate city
    Il y a plusieurs manières d'aborder la privatisation de la ville. D'emblée, nous voudrions souligner que cette notion est à la fois plus large et plus spécifique que la notion des « villes privées » (gated communities), avec laquelle on peut avoir tendance à la confondre.