Du début des années 1960 à la fin de la décennie 1970, le
secteur du tourisme a constitué pour certains architectes français une fenêtre
de commande opportune ainsi qu’un terrain idéal pour l’expression des doctrines
urbaines et formelles et pour les investigations typologiques.
Relogés et équipés du confort moderne, les Français
pouvaient enfin penser à profiter de leurs congés payés, et le tourisme était
inscrit par l’État à son IVe plan en 1961 comme un enjeu majeur
pour l’aménagement du territoire national. Alors que la DATAR consacrait ses
premières grandes missions au développement « équilibré » de la
montagne et des littoraux aquitain et languedocien, promoteurs privés ou
opérateurs du tourisme social initiaient, eux, une série de projets immobiliers
qui lèguent aujourd’hui un patrimoine architectural précieux sur la Côte d’Azur.
De Bandol à Saint-Raphaël, le littoral varois fut ainsi à
la fois saisi comme un laboratoire et une chambre d’écho des questions qui se
posaient alors à l’architecture moderne des Trente Glorieuses. Expression des ensembles
ou unités de voisinage, inscription dans le paysage, rapport à l’automobile,
investigations programmatiques et typologiques autour des espaces communs, réflexions
sur la distribution et la compacité des appartements… Autant de paramètres qui
font les « dispositifs balnéaires », que Pascale Bartoli a recensés
et étudiés dans le détail, en visitant les opérations dans leurs états et
usages actuels et en menant un passionnant travail d’archives pour exhumer
dessins et esquisses d’une trentaine de projets, dont certains sont restés de
papier.