n° 285 - novembre 2020

  • "L'architecte est avant tout un prestataire de services", Entretien avec Eduardo Souto De Moura

    J’avais demandé à rencontrer Eduardo Souto de Moura lors de l’inauguration de la Comédie de Clermont-Ferrand, que nous vous avons présentée dans le numéro de d’a d’octobre 2020. Mais, souffrant, il n’avait pas pu se déplacer, ni voir son bâtiment terminé. Il m’a cependant accordé un entretien en visioconférence. Me voilà donc projeté sur l’écran de la salle de réunion de son agence à Porto, au-dessus d’une longue table où, face à deux collaborateurs masqués, il répond en français à mes questions.
  • Anne-Marie Filaire, Terres

    Les chantiers du métro du Grand Paris génèrent des quantités phénoménales de terres excavées. Actuellement, la majorité n’est pas recyclée, mais stockée en Île-de-France sur une douzaine de sites exploités par ECT, société qui les traite. La photographe Anne-Marie Filaire en a parcouru six. Un bel ouvrage présente le fruit de ses reportages paysagers et souterrains. Ils décrivent la production d’une géographie nouvelle.
  • Bétons immergés : des infrastructures portuaires biomimétiques

    Le 21 septembre dernier, dans la rade de Cherbourg, on pouvait assister à l’immersion de grands blocs de béton d’un genre nouveau. Tandis que le port voit ses activités engourdies par le Brexit et le ralentissement des passages de ferrys traversant la Manche, le projet MARINEFF vient insuffler une nouvelle dynamique en proposant d’optimiser ses infrastructures.
  • Comment préserver le patrimoine en pisé ?

    De nombreux exemples ruraux et urbains prouvent qu’une construction en pisé peut durer des siècles si quelques règles de base sont respectées. L’architecte-expert Pascal Scarato travaille depuis trente ans à la préservation du riche patrimoine de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Du diagnostic global du bâti ancien à la pathologie majeure des murs en pisé, il nous explique comment surmonter les faiblesses du matériau terre, et nous décrit les moyens de pérenniser cet héritage culturel.


  • Construire en pisé dans un village de Tanzanie, Bibliothèque Amani à Kibaoni, Social Practice Architecture

    Lara Briz et Patricia Báscones ont conçu et construit leur premier projet d’architecture pour la communauté d’un village niché au pied du Kilimandjaro, qui ne dispose ni d’eau ni d’électricité. En s’appuyant sur les ressources et l’artisanat de la région, les jeunes architectes espagnoles voulaient sensibiliser la population à la valeur du patrimoine culturel africain, et contribuer ainsi à l’évolution de techniques traditionnelles pour construire en milieu rural un habitat abordable, sain et confortable.
  • Construire en pisé en France aujourd’hui

    Bien des architectes, séduits par ses qualités esthétiques et hygrothermiques, veulent aujourd’hui tenter l’expérience du pisé. Matthieu Fuchs de l’agence Mil Lieux, qui a déjà conçu plusieurs bâtiments avec cette technique, détaille ici ses avantages, les précautions à prendre et le processus du chantier, sans oublier les enjeux de territoire autour de la valorisation des terres d’excavation.
  • Construire en pisé en zone sismique : obstacles et solutions

    Au sein du bureau d’études TPFI, l’ingénieur Olivier Gonzales est en charge des structures de projets de grande envergure, auxquels il insuffle sa conscience écoresponsable. Après avoir découvert la technique du pisé avec l’extension de l’IUT de Tarbes, il travaille sur des projets en terre coulée ou en brique de terre compressée, sans négliger les filières sèches et la construction en bois. C’est sous son égide que Pierre Caubère a réalisé son stage de fin d’études sur la caractérisation du pisé en zone sismique. Le jeune diplômé de l’INSA de Toulouse développe désormais les sujets d’écoconception au sein de TPFI.
  • CONSTRUIRE EN PISÉ : État des lieux par ceux qui le pratiquent

    La curiosité grandissante des professionnels pour la construction en terre crue incite d’architectures à détailler les différentes techniques à travers le témoignage de professionnels de terrain : architectes, ingénieurs, entrepreneurs ou experts du patrimoine. Après la terre coulée (voir le n° 278 de d’a) et avant les briques de terre comprimée en 2021, c’est au pisé que ce dossier est consacré. La beauté haptique de ses surfaces le désigne comme le roi de la terre crue. La préfabrication est une des pistes pour réduire son coût élevé, qui le réserve encore à des chantiers d’exception. La démocratisation de cette technique passe aussi par la formation d’un nombre croissant d’acteurs à la construction neuve comme à la réhabilitation de notre riche patrimoine. La publication cet automne d’un livre collectif, qui anticipe les règles professionnelles tant attendues, devrait lever les derniers freins.
  • Du pisé aussi pour des bâtiments techniques, Poste source de Cusset à Villeurbanne

    Pour ce poste source du réseau électrique, Tectoniques a ajouté la rusticité de murs en pisé au béton et à l’acier galvanisé déjà présents sur le site industriel. La présence de la terre et des détails bien dessinés ont transformé cet ouvrage purement technique en projet d’architecture. Un exploit que l’on aimerait voir plus souvent.
  • Le pisé préfabriqué de Martin Rauch : techniques, avantages et pistes d’avenir

    Depuis trente ans, Martin Rauch redonne au pisé ses lettres de noblesse, à la fois sur le plan esthétique et sur le plan technique. Il a également ouvert de nouveaux horizons avec la préfabrication d’éléments de grandes dimensions pour des projets d’envergure, comme la Maison des plantes de Ricola à Laufen, en Suisse. Les 23 collaborateurs de son entreprise Lehm Ton Erde, basée dans le Vorarlberg, sont architectes, ingénieurs ou artisans (maçon, menuisier, couvreurs). Arnaud Evrard, un architecte-ingénieur qui a rejoint l’équipe après quatorze ans de recherche et d’enseignement à la Faculté LOCI de l’université catholique de Louvain, nous livre son expérience sur trois nouveaux chantiers emblématiques.
  • Le pisé : formulation et mise en œuvre

    Comme toute bonne recette de cuisine, la technique du pisé nécessite à la fois des ingrédients de qualité et un savoir-faire éprouvé. Une parfaite réussite demande la maîtrise des justes proportions et d’un équilibre fragile. Mais au fil des expériences, et avec l’aide des acteurs historique, la matière terre révèle tout son potentiel à la fois technique, physique et esthétique.
  • Matière à écrire, matière à construire Trois bâtiments sur une même parcelle rurale, Haute-Saône

    Maître d’ouvrage : Communauté de communes Avalon Vezelay Morvan 

    Maîtres d'œuvre : BQ+A : Bernard Quirot, Olivier Vichard, Alexandre Lenoble, Francesca Patrono - Massimo Colombo (signalétique) 

    Surface : 1085 m2 

    Coût : 2,3 millions d’euros HT 

    Livraison : 2014

  • Monolithe équivoque 65 logements sociaux et trois locaux d’activités boulevard Vincent-Auriol, Paris 13e

    Maîtres d'ouvrages :Paris Habitat OPH
    Maîtres d'oeuvres :Abinal & Ropars
    Entreprises :Jacques Julien, MOZ, Semapa, Urbaine de travaux
    Surface SHON :5 090 m2 
    Cout :9,942 millions d’euros HT 
    Date de livraison :Septembre 2020

  • Neuf manières d’expier, Concours pour le musée de l’Exil sur l’emplacement de l’ancienne gare d ’Anhalt à Berlin

    Après le Musée juif, le Mémorial aux juifs assassinés d’Europe et la Topographie de la Terreur, Berlin cherche à ajouter une nouvelle station à sa géographie expiatoire. Il s’agira cette fois d’un musée de l’Exil chargé de commémorer les centaines de milliers de personnes qui ont fui le nazisme pendant les années 1930.
  • PARADIS DU SENS MEETT, parc des expositions de Toulouse

    Maîtres d'ouvrages :Europolia
    Maîtres d'oeuvres :OMA (Chris van Duijn, Rem Koolhaas, Ellen van Loon et Gilles Guyot chef de projet) + PPA Architectures/Taillandier Architectes Associés
    Entreprises :Ingérop, Batlle i Roig, dUCKS Scéno, Royal HaskoningDHV, 8’18’’
    Surface SHON :155 000 m2
    Coût :311 millions d’euros
    Date de livraison :juillet 2020

  • Pisé porteur et préfabrication : des innovations inspirantes pour l’Orangerie, à Lyon Confluence

    L’Orangerie à Lyon Confluence, achevée en 2019, étonne par ses belles arches de terre ocre dans l’environnement des nouveaux immeubles en béton qui la surplombent. Pourtant, les qualités du pisé porteur, depuis peu à l’honneur dans les revues d’architecture, ont une reconnaissance encore difficile dans le milieu des bâtisseurs.
  • Précieux Plastoc

    Cheap, jetable, néfaste pour l’environnement, le plastique est considéré comme une sous-matière, l’emblème de la société industrielle de consommation. Ces polymères sont pourtant recyclables et assurent leur propre longévité. Les designers repensent le plastique comme une nouvelle matière durable, un matériau de la nouvelle ère. Tels des artisans, ils expérimentent, manipulent et font des recherches auprès des fournisseurs de ces déchets pour les valoriser le plus souvent localement. Ce nouvel ingrédient durable aux allures pop trash, aux effets nacrés, métallisés, aux transparences structurées, est bien loin des aspects naturels du sustainable.
  • Préfabrication du pisé sur chantier, École maternelle aux Roches-de-Condrieu, Isère

    La nouvelle maternelle de ce bourg de l’Isère se glisse en douceur au sein du groupe scolaire existant, entre un vieux mur en pisé et deux majestueux platanes. Le choix de la terre, ressource abondante traditionnellement utilisée dans la région, s’est naturellement imposé. La technique constructive associe une préfabrication sur site innovante et le renfort des angles en chaux et sable pratiqué depuis des siècles.
  • Règles professionnelles pisé : un long processus

    Jean-Marie Le Tiec est spécialiste de l’architecture en terre, enseignant-chercheur à l’ENSA de Grenoble et praticien. Avec ses confrères de l’agence NAMA, il a signé plusieurs bâtiments en pisé exemplaires, dont le Conservatoire européen des échantillons de sol de l’INRA à Orléans et le groupe scolaire de Miribel. Responsable du pôle « dessin-chantier » du laboratoire CRAterre, il accompagne régulièrement des équipes qui ont choisi de construire en terre crue. Il a participé avec son mentor, Patrice Doat, à la rédaction d’un ouvrage collectif sur le pisé paru cet automne.