Copyright : ©Cécile SEPTET


Maîtres d'ouvrages : Nantes Habitat
Maîtres d'oeuvres :  Babin + Renaud (architectes) ; EVP 
Ingénierie (BET structure) ; CFERM (BET fluides) ; MDETC (économie)
Entreprises : Baron (gros oeuvre) ; Minos (traitement des façades) ; Atelier Madec (menuiserie extérieure)
Surface : 3 093 m2 SP
Coût : 5,5 millions d’euros HT
Calendrier : concours, 2008 ; livraison, 2014

Entre grand paysage et espace partagé, entre sol et ciel, Éric Babin et Jean-François Renaud livrent une opération qui manipule les échelles et interroge les limites. Des questionnements qui se prolongent jusque dans la diversité typologique des 51 logements. 

La parcelle confiée à Éric Babin et Jean-François Renaud borde le mail Haroun-Tazieff, axe structurant nord/ouest sud/est de Bottière-Chénaie. Leur opération est l’une des premières réalisées dans le secteur sud, reposant sur l’idée d’un îlot de densité dans le paysage tel que le prévoit le projet urbain. Les 51 logements sociaux se répartissent dans quatre volumes articulés autour d’une cour, pièce maîtresse du dispositif spatial. « Les habitations, explique Jean-François Renaud, s’installent dans les différents bâtiments, en tension entre cette cour, tenue et constituée, partagée par les familles, et un horizon qui appartient à tous. » Le lien avec le grand paysage s’établit par le biais de nombreuses failles visuelles ménagées entre les bâtiments (linéaires ou en situation d’angle) volontairement conçus de manière très poreuse. Cette mise en tension entre proche et lointain s’opère à différentes échelles, jusqu’à l’intérieur des logements, qui sont caractérisés par une séquence traversante séjour/ cuisine : « Une orientation symbolique entre un espace collectif et un site. C’est une de nos marottes ! À chaque échelle, on installe l’habitant entre l’échelle collective et individuelle, à travers un rapport dialectique. » Autour de cet espace commun, différentes façons d’habiter s’expriment par un travail sur les variations typologiques, du deux-pièces au cinq-pièces, avec par exemple des T3 duplex ou des quatrepièces de plain-pied. 

Entre ciel et terre 

L’opération est régie par différents niveaux de référence. Au rez-de-jardin se trouve le parking, semi-enterré comme l’impose la règle édictée par Jean-Pierre Pranlas-Descours sur ce secteur. « Une prescription qui invite à trouver un nouveau rapport au sol, à réfléchir sur la manière dont on pose les bâtiments dans un paysage », souligne Jean-François Renaud. La question de la sécurisation est réglée à ce niveau bas, évitant la présence de grilles à l’entrée de l’opération. Le rez-de-chaussée haut connecte quant à lui tous les bâtiments entre eux. Des passerelles desservent l’ensemble des logements. Un rapport horizontal, mais aussi vertical avec le niveau en pleine terre du parking puisque les arbres plantés émergeront à terme entre les passerelles, « comme si le sol avait glissé sous le bâtiment ». Impulsé par « l’idée que tout le monde habite au même endroit », un hall commun aux 51 logements prend place dans le bâtiment d’angle, au pied de l’emmarchement, et connecte l’espace de la rue au rez-de-chaussée haut. Bénéficiant d’une généreuse hauteur sous-plafond, il comprend un espace collectif en mezzanine et un salon librement appropriable par les habitants, en lien direct avec la cour. Côté façades, le choix a été dicté par l’économie, la simplicité et la recherche d’une image abstraite : un béton traité par une peinture minérale blanche, donnant lieu à une surface très lisse et sans texture. En contrepoint de cette toile de fond abstraite, le travail des fenêtres scande l’enveloppe. Un cerclage en aluminium anodisé permet de dissimuler les huisseries et de « laisser la matérialité parler d’elle-même ». 

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